À quelques heures de l’ouverture des Jeux olympiques de Vancouver qui se disputent jusqu’au 28 février (et sur lesquels nous reviendrons dans Terrains de Jeux demain), le site canadien xtra.ca pose une question toute simple: pourquoi est-ce si difficile d’être gay et sportif? À l’instar du documentaire de Michel Royer, Sports et homosexualité, c’est quoi le problème?, diffusé sur Canal+ en janvier (lire notre article), l’article fournit des début de réponse, des pistes de réflexion.

« Incroyable que le sport soit resté le seul bastion de la pensée du XVIIIe siècle », constate Mark Tewksbury, champion olympique du 100 mètres brasse à Barcelone, en 1992, alors qu’il était encore dans le placard, précise l’article. Le monde du sport est « un endroit où il est difficile d’exister si l’on n’est pas hétéro », expliquait-il en septembre 2009. Mark Tewksbury évoque aussi le conservatisme, sa peur de faire son coming-out pendant sa carrière, la peur de perdre « son entraîneur, des co-équipiers et ses revenus », de l’amplification « exponentielle parce que pour le public, vous êtes un représentant de ce monde macho ».

DES SONDAGES BIENVEILLANTS?
L’article rappelle les chiffres de sondages qui « sont plus bien bienveillants que certains gays et lesbiennes ne croient ». Ainsi celui publié par Sports Illustrated en 2006 qui a demandé à des joueurs des circuits professionnels de basketball, football et hockey sur glace s’ils « accepteraient d’avoir un co-équipier ouvertement gay ». La moitié des athlètes ont répondu non. « La NHL (ligue nationale de hockey) est la moins homophobe: 80% des 346 sondés ont répondu qu’ils n’auraient aucun problème à avoir un collègue homo dans leur équipe », souligne extra.ca.

Des chiffres tempérés par Jim Buzinski, co-fondateur de Outsports.com: « C’est agréable à entendre et c’est un pas dans la bonne direction mais tant qu’il n’y aura pas eu de coming-out d’un athlète en exercice, personne ne saura jusqu’où cette enquête est fiable ».

« JE SUIS HOMO ET JE VAIS DINER! »
Ancien snowboarder, Ryan Miller, interviewé par extra.ca, estime qu’il y a des signes de changement mais qu’il y aura toujours « des gens pour dire qu’ils n’ont pas de problème (avec des athlètes) homos tant qu’ils ne sont pas dans le même vestiaire qu’eux ». Et Miller de raconter son coming-out dans un vestiaire, justement, quand il lança à ses camarades: « Je suis homo et je vais diner! ».

Deux Pride Houses vont ouvrir pendant la durée des Jeux, à Vancouver et à Whistler, site des épreuves de ski. La première vocation des Pride Houses est d’ouvrir un dialogue et de sensibiliser contre l’homophobie, explique Dean Nelson qui a organisé l’opération: « Si les athlètes décident de venir nous voir et s’ils sont prêts à nous raconter leur histoire, nous les accueillerons”.

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