Les réactions à l'enquête et à la publication de ses résultats n'ont pas toujours été positives. Comment l'expliquez-vous? J’estime avoir une responsabilité dans la réalisation de cette étude et dans l’utilisation des résultats. Prevagay ce n’est ni du sérotriage, ni du fichage. Je n’accepterai pas l’amalgame, que je commence à lire sur internet autour de cette enquête, fait soit entre sida et backroom, ou sida et gays fréquentant les bars spécialisés ou de convivialité. Enfin, je refuse le terme de "population à risque" quand on s’adresse à nous! Nous sommes intervenus dans plus de lieux sans backroom, notamment des bars, et le recrutement a été plus important dans ces lieux. De plus, nous ne pouvons pas savoir où les personnes se contaminent: pointer les backrooms n’a donc pas de sens. Enfin, beaucoup de gays sortent dans des endroits de convivialité sans fréquenter les lieux de consommation sexuelle et vice-versa, mais la sexualité a lieu partout et notamment de plus en plus via internet. Mais une telle enquête serait impossible sur le net.

Mais certains réagissent en expliquant que la situation parisienne telle que décrite dans Prevagay ne reflète pas la réalité de la sexualité des gays. Qu'en pensez-vous? Si les répondants qui sortent dans les établissements parisiens déclarent en moyenne avoir pour 47 à 70% d’entre eux plus de 10 partenaires au cours des 12 derniers mois, on peut retrouver ce même ordre de chiffres dans des résultats d’autres enquêtes nationales comme le Net Baromètre Gay 2009, qui a récolté environ 27000 réponses, et où en moyenne les répondants déclarent 17 partenaires pour la dernière année, les deux tiers ayant été rencontrés par le biais d’internet. Il faut donc arrêter de dire que les gays parisiens qui sortent ont une sexualité plus active et se contaminent plus et se pencher aussi sur les nouveaux modes de rencontres sexuelles. Ne faisons pas de différence entre des pratiques entre Paris et la province, et raisonnons plus en termes d’épidémiologie, car il n’est nullement surprenant d’avoir une incidence plus élevée à Paris qui concentre plus de gays touchés par le VIH.

Êtes-vous favorable, au Sneg, à une enquête plus large au niveau national d'étude de la prévalence? Oui, tout à fait, ce serait utile pour toute la communauté. Je  pense que ne pas connaitre la réalité n’est pas une façon de lutter contre l’épidémie. Nous avons une coresponsabilité que l’on soit séronégatif ou séropositif à faire face à l’épidémie de sida qui nous touche encore tant chaque année.

Quelles actions comptez-vous mener pour renforcer la prévention dans les établissements? Poursuivre la mobilisation des exploitants et des clients par nos interventions sur le terrain avec la consolidation de notre dispositif de prévention dans les lieux de consommation sexuelle mais aussi le développement d’actions en direction de lieux de convivialité et des lieux festifs, ainsi que sur internet pour permettre à chaque gay d’être informé au mieux. Il est important de mieux informer les jeunes gays sur les bases de la prévention et d’actualiser les connaissances des gays plus âgés. L’équipe prévention du Sneg se mobilise pour soutenir toutes les actions qui inciteraient à un dépistage et un accompagnement de santé sexuelle adapté aux gays tels que le 190 de Sida Info Service, le Checkpoint du Kiosque Info Sida ou le dépistage communautaire ComTest de Aides.

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