Désormais, le buzz et le pré-marketing sur certains films sont tels qu’on a parfois l’impression de les avoir vus et d’avoir tout dit… avant même leur sortie en salles. C’est le cas pour I Love You Phillip Morris, de Glenn Ficarra et John Requa, comédie déjantée visible dans les salles obscures depuis hier, et qui a surtout tenu la jambe de l’actu ces derniers mois en raison de son statut de film quasi-maudit. En gros: Hollywood n’en voulait pas parce qu’il y a tout plein de pédés dedans, mais heureusement Luc « french mogul » Besson était là pour le produire (la politique des auteurs, en 2010, c’est Luc Besson – méga lol). On a même cru à un moment donné que la chose allait avoir droit à l’infamie suprême: « direct to DVD ». Une sentence réservée aux nanars invendables, bref le placard.

Ce qui aurait été d’une ironie folle concernant un film qui fait justement du placard son motif principal. Et oui. Parce que toute la promo (acteurs compris) a beau nous ressortir la vieille antienne « Non-ce-n’est-pas-un-film-sur-l’homosexualité-mais-sur-l’amour-universel », il n’y est quand même question que de ça: Steven Russell (Jim Carrey), bon père de famille américain, sort brutalement du placard, se découvre flambloyante comme jamais, et tombe raide dingue amoureux d’un collègue de prison (une autre sorte de placard), Phillip Morris (Ewan McGregor), donc.

PLACARD ET ARNAQUES
Placard ET mensonge. Car Steven Russell, roi de l’arnaque (d’où la prison), ne peut s’empêcher de mentir à tout bout de champ, faisant de sa vie (et de celle des autres) un bordel sans nom. Même une fois son coming-out réalisé. C’est là où le film devient intéressant: cette histoire (par ailleurs inspirée de faits réels), sous ses dehors de comédie énoooorme, n’est-elle pas celle de la souffrance d’un homme qui n’arrive pas à s’assumer tel qu’il est? Mais comme les réalisateurs ne semblent pas avoir creusé ce filon suffisamment loin, il arrive que la pantalonnade qu’ils nous proposent avec son schéma répétitif d’arnaques de plus en plus énoooormes – l’ultime, sur fond de sida, a encore du mal à passer – nous laisse pantois. I Love You Phillip Morris aurait pu être un beau film mélancolique. Ce n’est qu’une grosse blague bien ficelée et jouée avec beaucoup de talent, grâce à des comédiens au top.

Bande-annonce:

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