DES ÉTABLISSEMENTS DE RENCONTRE INSUFFISAMMENT RÉGLEMENTÉS
À elles seules, les deux pages consacrées aux établissements de rencontres constituent la partie la plus explosive de ce rapport. Que dit-il? « Ces établissements ne sont pas régis par une réglementation sanitaire qui imposerait à leurs exploitants d’inciter leurs clients à protéger leurs partenaires lors de rapports sexuels se déroulant dans leurs locaux ni, a fortiori, de sanctionner par une exclusion l’absence de respect des consignes de prévention. (…) En dehors d’une interdiction d’accès des mineurs, leur objet distinctif, sinon principal, est présumé ne pas exister ».

L’autorité sanitaire est « dépourvue de tout moyen d’action » et même si la charte de responsabilité, créée sous l’impulsion du Syndicat national des entreprises gaies (Sneg) existe, « une partie des établissements n’adhèrent pas à la charte et ceux qui y adhèrent ne l’appliquent pas de manière homogène (éclairage des locaux, visibilité des consignes de prévention) », analyse le rapport. Le plan national 2001- 2004 prévoyait l’instauration d’une réglementation sanitaire adaptée aux risques particuliers de transmission du VIH liés à l’activité de ces établissements, mais elle a été abandonnée depuis « sans expertise préalable ».

Dans sa conclusion sous forme de recommandations, la Cour des comptes estime donc « indispensable d’instaurer une réglementation sanitaire des établissements de rencontre ». Dans sa réponse, publiée à la suite du chapitre, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, n’a pas réagi sur ce point. Au vu du caractère ultra-sensible de cette recommandation, on peut comprendre pourquoi.

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