Une politique publique « insuffisamment active », des dépenses consacrées à la prévention et au dépistage « marginales au regard de celles liées à la prise en charge sanitaire »: dans un chapitre de 33 pages que son rapport annuel (en ligne ici) consacre à la politique de lutte contre le VIH-sida, la Cour des comptes n’est pas tendre avec les pouvoirs publics. Celle-ci épingle une mauvaise utilisation des fonds publics en matière de dépistage et de prévention, qui ne représentent que 5% des sommes consacrées à la prise en charge sanitaire.

FAIBLESSE DU PILOTAGE AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ
Face aux impulsions des nombreux acteurs institutionnels de la lutte contre le sida, le ministère de la Santé est, selon le rapport, dans une position réactive plutôt que dans une démarche d’impulsion. En clair, il y a une faiblesse du pilotage du côté de l’avenue de Ségur. La Cour explique ainsi que le ministère de la santé ne fait pas le poids face aux autres ministères concernés par l’effort de prévention que sont l’Éducation nationale, l’Intérieur et la Justice.

Dans le dialogue avec les associations, « le ministère de la Santé peine à affirmer une stratégie de santé publique autonome ». « Parfois, le ministère de la Santé paraît plus jouer le rôle d’un arbitre des débats entre associations, que celui d’un décideur d’orientations publiques ».

Le rapport critique aussi l’absence de plan national spécifique en direction des homosexuels et plus grave, pointe que « les plans régionaux de santé publique (PRSP) des neuf régions prioritaires au regard des données épidémiologiques comportent tous des volets relatifs au VIH/sida, les PRSP de dix régions, dont quatre régions prioritaires (Rhône Alpes, Languedoc Roussillon, Guadeloupe et Guyane) ne prévoient pas expressément d’actions en direction des homosexuels ».