Dans une tribune exclusive pour Yagg, Bruno Spire, président de Aides, critique la façon dont est conduite la politique de réorganisation des hôpitaux en Ile-de-France et explique pourquoi les personnes vivant avec le VIH ne doivent pas faire les frais des projets en cours.

« HÔPITAUX D’ILE-DE-FRANCE: DÉFICITS PUBLICS… DE CONCERTATION », PAR BRUNO SPIRE, PRÉSIDENT DE AIDES
Les personnes vivant avec le VIH ne devront pas être la variable d’ajustement des politiques de réorganisation hospitalière. Bruno Spire, président de Aides, la principale association de lutte contre le sida, réaffirme que toute forme de restructuration profonde de la prise en charge ne peut être envisagée qu’en accord et dans l’intérêt des malades, pas dans leur dos. La continuité d’une prise en charge globale de qualité et d’une offre de soin adaptée aux besoins des personnes séropositives sont les conditions minimales de toute réforme, qui doit associer la voix associative aux visées stratégiques actuellement en train de se préparer à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.

Une ambiance délétère et opaque
Être contraint de changer d’hôpital, devoir changer de médecin, peut-être… voir en tout cas sa prise en charge médicale modifiée (sans assurance que ce soit pour le meilleur), c’est ce qui va très probablement être le lot d’une personne séropositive sur deux suivies dans notre pays. On pourrait imaginer que, devant une telle révolution, tout le monde ait été consulté et les personnes touchées au premier chef. C’est exactement l’inverse. On découvre jour après jour, par des sources multiples, un flot de rumeurs avec, ces derniers mois, des annonces de projets de fusions ou de suppressions de services VIH. Ceux-ci seraient parfois finalisés, parfois non, mais toujours concoctés dans l’opacité la plus complète et au mépris de l’information et de l’avis des premiers intéressés: les personnes malades. Une chose est sûre: le paysage de la prise en charge du VIH/sida et des hépatites dans les hôpitaux publics franciliens va être durablement bouleversé.