L’opposition de Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, à l’utilisation en classes de CM1/CM2 du court-métrage d’animation Le Baiser de la Lune, outil pédagogique de sensibilisation à l’homosexualité et de lutte contre les discriminations (lire notre article), ne cesse de susciter les critiques du monde éducatif, des associations et des personnalités politiques qui s’insurgent contre cette décision.

LE PS CONDAMNE L’OBSCURANTISME DE CHRISTINE BOUTIN VALIDÉ PAR LUC CHATEL
C’est aujourd’hui au tour de l’équipe de Jean-Paul Huchon (PS) d’intervenir, à travers un communiqué de Marie-Pierre de La Gontrie, porte-parole de sa campagne pour les élections régionales en mars prochain: « Luc Chatel valide la demande de Christine Boutin; mais aussi d’associations qui confondent lutte contre les discriminations et combat idéologique. En parlant d’un « film idéologique qui prive les enfants des repères les plus fondamentaux qu’est la différence des sexes », la présidente du Parti chrétien démocrate fait preuve de confusion et d’aveuglement ».

« Chacun sait que les préjugés, la possibilité de comprendre l’autre, la tolérance, se forment dès la pré-adolescence. Que cet âge est celui des premiers questionnements, parfois, des premières exclusions et donc des premières souffrances. En prônant cet obscurantisme, Mme Boutin continue de soutenir que les personnes LGBT sont « différentes », et que ce film d’animation pourrait « inciter à l’homosexualité. Que le ministre de l’Éducation nationale, suivant la frange la plus archaïque de sa majorité, s’engage dans la même voie n’est pas acceptable », conclut la porte-parole dans son communiqué.

GAYLIB OU LE DÉDOUBLEMENT DE PERSONNALITÉ
Une opinion qui n’est pas partagée par GayLib, l’association LGBT de l’UMP, qui, dans un communiqué de presse, ne voit pas le rapport, semble-t-il, entre la position de Christine Boutin et celle du ministre de l’Éducation nationale, et qui critique dans un premier temps la première puis s’aligne sur la position du second.

« Cet ostracisme permanent, revendiqué au nom du « bon sens » et d’un certain « droit naturel », est en permanence dirigé contre la reconnaissance sociale de l’homosexualité, écrit GayLib. (…) Précisément sur la question de la diffusion d’un film éducatif contre l’homophobie en classes primaires, le débat ne doit pas être tranché sous la pression des attaques dogmatiques, mais bien au seul regard de l’efficacité de l’Éducation nationale à promouvoir le rejet des discriminations ».