Le festival de Sundance, qui s’est terminé le week-end dernier, a décerné son grand prix à Winter’s Bone, de Debra Granik. Le film, qui a pour décor les montagnes Ozark, raconte la quête héroïque d’une jeune fille de 17 ans qui doit faire face à la disparition de son père. C’est une version un peu plus trash et moins aboutie de Frozen River, de Courtney Hunt, primé il y a deux ans.

Cette 26e édition du célèbre festival avait pour slogan « cinematic rebellion »: Robert Redford, son fondateur, souhaitait retrouver l’esprit des débuts avec une sélection plus pointue et moins tape à l’œil. Cette année, Sundance défendait un cinéma farouchement indépendant, avec une volonté de s’opposer au formatage des grands studios.

Voici une sélection de cinq films présents à Sundance et qui ont retenu notre attention:

  • Howl était l’un des films les plus attendus: James Franco dans le rôle du poète gay Allen Ginsberg, Gus Van Sant à la production, et Rob Epstein et Jeffrey Friedman, les deux réalisateurs du documentaire The Times of Harvey Milk, à la mise en scène. Transcrire un poème en film était un pari audacieux, il est à moitié réussi. Le film vaut principalement par la performance de James Franco, sublime dans le rôle d’un artiste en pleine introspection, mais la mise en scène se révèle paresseuse. L’œuvre alterne scènes de procès filmé platement, séquence d’animation pour illustrer le poème, et interview de Ginsberg. Le procédé s’essouffle vite et très peu d’émotion se dégage de ce qui devait être un hymne vibrant à la contre-culture.
    Extraits:
    httpv://www.youtube.com/watch?v=1vvzyPMa82I
    Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez ici.
  • Un autre génie est le personnage principal de Nowhere Boy: John Lennon. La photographe anglaise Sam Taylor-Wood nous raconte la jeunesse du chanteur des Beatles. Le film couvre cinq années où l’on découvre le jeune John, ses premiers cours de guitare, sa coupe de cheveux à la Elvis et sa rencontre avec Paul McCartney. C’est une chronique bouleversante sur l’Angleterre de l’après-guerre servie par des comédiens formidables. Un premier film splendide. Sir Elton John himself est venu spécialement à Sundance pour le soutenir.
    Bande-annonce:
    httpv://www.youtube.com/watch?v=Y6Km9L1Sqd0
    Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez ici.