L’amiral Michael Mullen, chef de l’armée américaine (à droite sur la photo), et Robert Gates, le secrétaire à la Défense, se sont positionnés hier pour l’abrogation de la politique du Don’t ask, Don’t tell (DADT, « Ne rien demander, ne rien dire »), s’associant ainsi à la volonté de Barack Obama de mettre un terme à cette loi du silence.

Le 27 janvier dernier, le président Barack Obama promettait en effet, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès (lire notre article), de mettre fin à cette politique qui interdit aux militaires gays et lesbiennes de faire leur coming-out.

Mise en place en 1993 par Colin Powell et maintenue par George W. Bush, cette politique se voulait un compromis entre ce qui existait jusque là, à savoir le bannissement complet des homosexuels de l’armée, et la promesse de campagne de Bill Clinton que tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle, pourraient servir dans l’armée.

« LA MEILLEURE CHOSE À FAIRE »
C’est ainsi qu’hier, l’amiral Michael Mullen, chef d’état-major interarmées, s’est prononcé devant la commission de Défense du Sénat: « Je ne peux m’empêcher d’être troublé par le fait que nous avons actuellement une loi qui force les jeunes gens et les jeunes femmes à mentir (…) pour pouvoir défendre leurs compatriotes », a-t-il déclaré, devenant ainsi le premier haut gradé américain à soutenir publiquement la levée de l’interdiction. « Mon opinion est qu’autoriser les gays et lesbiennes à servir ouvertement dans l’armée serait la meilleure chose à faire », a-t-il ajouté, « j’ai servi dans l’armée à coté d’homosexuels depuis 1968, comme tous les militaires, et c’est quelque chose que nous comprenons. »

Robert Gates, secrétaire à la Défense, s’est joint à ces déclarations, et tous deux ont concrètement annoncé qu’un examen méticuleux de la situation serait mené tout au long de l’année dans l’armée pour préparer l’abrogation de cette loi. Robert Gates a également indiqué avoir demandé à ses conseillers juridiques de lui présenter dans les 45 jours des mesures temporaires visant à diminuer les effets de la loi.

JOHN MCCAIN CHANGE DE BORD
Cependant, la décision ultime reviendra aux membres du Congrès et les choses risquent d’être plus difficiles de ce côté-là, à en juger par la réaction des républicains sur la question. Le sénateur John McCain a en effet, pour sa part, déclaré que « le moment était mal choisi pour abroger la loi, à l’heure où l’armée américaine doit subir les affres de deux guerres, en Afghanistan et en Irak », et s’est dit « profondément déçu par la position de Robert Gates ».

Une réaction surprenante de la part de cet ancien vétéran qui, comme le rappelle le Washington Post, déclarait en 2006, au sujet de cette même interdiction: « Le jour où des responsables militaires américains viendront me voir et me diront « Sénateur, nous devons changer de politique », c’est que nous devrons sérieusement la changer ».

Les associations LGBT saluent les discours de Michael Mullen et de Robert Gates, même si elles redoutent que leur mise en œuvre puisse prendre encore du temps. Depuis 1994, plus de 13500 militaires ont dû renoncer à leur engagement dans l’armée à cause de cette loi.

Photo DoD/Cherie Cullen

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