23 décembre 2009 15:52
Chat sur la santé lesbienne avec Clotilde Genon: l’intégralité des échanges et le making-of
Publié par Xavier Héraud | Dans Chats,Santé,VIH
Nelly: Bonjour, j'ai fait faire un test de dépistage pour plusieurs IST, il y a quelques semaines. J'ai indiqué que j'étais lesbienne, avec partenaires multiples. On m'a proposé des capotes et quand j'ai demandé à avoir des digues dentaires, silence gêné. Réponse: "c'est trop cher pour l'hôpital". Comment peut-on faire avancer ce déni du milieu médical sur notre existence?
Clotilde Genon: Très bonne question, Nelly. La réponse de l'hôpital est vraie, les digues sont chères. La dig dam dom coûte environ 2€ en pharmacie. Il y a une très faible demande et c'est mal connu. La plupart des femmes font leur digue dentaire avec des préservatifs. Les pouvoirs publics devraient se mobiliser en 2010 sur la mise à disposition d'outils de prévention plus diversifiés. Par ailleurs, il est clair que les professionnels de santé pour la plupart connaissent mal les sexualités et les risques pour les lesbiennes. On peut à titre individuel, et si on se sent en mesure de la faire, tenter un dialogue avec les médecins et les professionnels de santé que l'on croise. Mais cette démarche n'est pas possible pour tout le monde .
Caro80: Je n'ai pas fait mon coming-out et je me vois mal demander ce genre de chose à mon pharmacien. En plus, comment fait-on pour la proposer dans une relation alors que personne ne connait pas ça? On court le risque de se prendre un râteau, non?
Clotilde Genon: L'utilisation de la digue dentaire n'est pas réservée aux lesbiennes, donc en demander ne sous-entend pas faire son coming-out. Son utilisation est associée à des pratiques. Effectivement, Caro80, tu as raison, ce n'est pas évident de proposer une digue dentaire à une ou des partenaires. Quoiqu'il arrive, ça peut faire partie d'une discussion plus générale sur la sexualité. Être proposée comme un objet érotique peut aider, même si ça ne fait pas tout.
Nelly: Il est clair que le milieu médical est assez peu informé. Une gynéco m'a dit un jour: "ah, vous êtes lesbienne, donc vierge"… Euh, non madame. "Ah… vous n'avez jamais été pénétrée en tout cas"… Euh, si madame et merci, on va en rester là…
Clotilde Genon: Merci Nelly. Malheureusement, c'est loin d'être anecdotique et c'est fréquent. Ce qui n'incite pas les lesbiennes à faire leur suivi gynécologique. Face à un comportement de ce type-là, n'hésitez pas à changer de gynécologue en demandant à certaines de vos amies l'adresse du leur, dont elles seraient contentes. Les généralistes peuvent aussi effectuer un suivi gynécologique. Sur Paris, vous pourrez dès le 1er février venir au 190, le nouveau centre de santé sexuelle ouvert par Sida Info service au 190, boulevard de Charonne.
Le modérateur: Le chat est terminé. Clotilde, le mot de la fin?
Clotilde Genon: Merci à toutes et à tous pour votre participation et vos questions. N'hésitez pas à appeler Sida info service (0800 840 800) si vous avez besoin d'informations complémentaires ou poser vos questions par mail via le site www.sida-info-service.org.
Le chat est réalisé avec le soutien financier des laboratoires MSD-Chibret
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Clotilde Genon | Publié 24 décembre 2009 à 10h25
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