« LES GENS ONT PRIS ÇA À LA LÉGÈRE »

Il faut dire qu’en la matière, le Canada se situe dans le peloton de tête et beaucoup n’ont donc pas vu l’intérêt de l’événement. C’est ce que pense Michel Dorion, présent au kiss-in. Pour cette grande prêtresse drag de la nuit montréalaise, « ce ne n’est pas parce qu’on est privilégiés ici qu’il ne faut pas se mobiliser, il faut rester vigilant. Les gens ont pris ça à la légère, j’aurais aimé qu’on soit beaucoup plus ». Le manque de com’ a aussi joué un rôle dans cet absentéisme, selon André Gagnon, éditeur de magazines gays. « C’est normal, ça s’est organisé un peu spontanément, il faudrait la prochaine fois plus de communication auprès des associations et des médias. Mais c’est une belle initiative, c’est sûr que le geste qu’on posait ici n’est pas encore évident. C’est déjà important que la ministre de la Justice, Kathleen Weil, dise qu’il faut une politique québécoise contre l’homophobie », constate-t-il.

NOUVELLE POLITIQUE CONTRE L’HOMOPHOBIE

Effectivement, le kiss-in tombait pile-poil au lendemain du dévoilement par le gouvernement du Québec de cette nouvelle politique, qui met l’accent sur la reconnaissance de l’égalité des personnes LGBT et le respect de leurs droits. Il s’agit là d’une première étape prometteuse avant la formation d’un comité interministériel québécois qui élaborera des mesures concrètes, fin janvier. Et pourquoi ne pas souligner alors cette nouvelle action gouvernementale par un nouveau kiss-in plus frappant et plus massif?

Fabien Philippe

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