Cet article a été publié aujourd’hui sur le site vih.org et nous le reproduisons avec l’aimable autorisation des auteurs.

« NOUVELLES MÉTHODES DE PRÉVENTION ET RÉDUCTION DES RISQUES », par France Lert, Inserm U687 (France) et Gilles Pialoux, vih.org

Depuis près de deux ans, les résultats scientifiques et l’observation épidémiologique convergent en faveur d’un profond renouvellement des stratégies de lutte contre le VIH/sida. Il s’agit de combiner tous les moyens disponibles pour renverser la tendance de l’épidémie et donner à chacun plus de moyens de prévenir la transmission du virus dans les pays et dans les groupes où sévit une épidémie massive. C’est le cas dans des pays entiers en Afrique subsaharienne et dans certains groupes des pays à épidémie concentrée: hommes ayant des rapports homosexuels et migrants de pays d’endémie en France.
Cette redéfinition appelle à un nouvel effort de recherche et provoque débats et controverses. Ceux-ci ont pris en France un tour particulièrement aigu entre les associations et au sein des institutions en charge de prévention, conduisant à un blocage des programmes en direction des homosexuels masculins, alors même que la situation épidémiologique s’aggravait.

C’est dans ce contexte que le Directeur général de la santé nous a confié une mission d’expertise pour faire le point des méthodes de prévention réduisant le risque de transmission du VIH dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST. Pour ce premier rapport sur la prévention, nous avons choisi une méthodologie légère alliant revue de littérature, auditions de chercheurs, de cliniciens et d’associatifs, et réunion d’experts de différentes disciplines sur des thèmes spécifiques entre mai et novembre 2009. Il ne s’agit donc pas d’une méthode par recherche de consensus ou avec cotation des preuves. Il s’agissait moins de faire une expertise des résultats scientifiques qui sont le plus souvent très bien synthétisés dans des métanalyses très structurées que d’assembler ces résultats dans des stratégies suffisamment efficaces au niveau individuel d’abord, collectif ensuite, réalistes et rapidement mises en œuvre.
Cette expertise a ainsi examiné les données sur le risque de transmission par type de pratique, les déterminants viraux de la transmission, l’efficacité préventive du traitement et la signification de la charge virale, les méthodes reconnues efficaces de prévention (préservatifs, prophylaxie post-exposition…) et les stratégies individuelles de réduction des risques : adaptation de la protection ou de la pratique sexuelle aux statuts de chacun dans les relations sexuelles.
Pour la collectivité et pour chaque individu les méthodes combinées de prévention et de dépistage augmentent le niveau de la protection et donc réduisent les risques.