Les gays et les lesbiennes seraient-ils de plus en plus réduits au silence sur Internet? Au vu des politiques de filtrages de certaines grandes entreprises et institutions françaises, la question mérite que l’on s’y penche.

En effet, impossible pour les employés d’EDF, de France Télécom et de la SNCF ou pour les utilisateurs du wifi dans certains lieux publics d’accéder à certains sites gays ou lesbiens. Exit donc notre cher Yagg, comme bien d’autres sites d’informations LGBT, qui se retrouvent en un coup de clic magique relégués au rang des sites au contenu « blasphématoire » ou « pour adulte ».

Exemple: dans une médiathèque de la Mairie de Paris, Yagg est inaccessible! Une constatation vérifiée auprès de Michel Trentadue, adjoint au directeur des systèmes et technologies à la Mairie de Paris: « notre politique de filtrage est en adéquation avec le code pénal interdisant toute diffusion de messages à caractère violent ou pornographique ».

« SEXE », « DROGUE », « ARME », « HOMOSEXUALITÉ »: TOUS DANS LE MÊME PANIER?
« L’administration fait un réel amalgame entre homosexualité et pornographie », déplore Cyril Bauchais, président de Mobilisnoo, l’association LGBT de France Télécom/Orange.  Alors « sexe », « drogue », « arme », « pédophilie », « homosexualité »: tous dans le même panier? Pas vraiment…

S’il est impossible de visionner certains sites, d’autres passent à travers les mailles du filet comme ceux de SOS homophobie ou d’associations LGBT des entreprises. Chez France Télécom, Tetu.com est consultable, Yagg.com non, et inversement dans d’autres entreprises. Sur les ordinateurs publics de la Mairie de Paris, la rubrique « homosexualité: accepter l’homosexualité » du site Sexoconseil est filtrée, pas  « Comprendre son homosexualité » sur le site Atoi2voir dans lequel est écrit noir sur blanc « l’homosexualité peut-elle être soignée? » Difficile donc de déterminer quels mots ou quelles catégories sont blacklistés de la toile par les administrations. Et celles-ci de rester très obscures quant à leur réelle politique de filtrage. « Rien n’est illégal si les entreprises informent leurs salariés comme à travers une charte », indique la Cnil.