Les deux derniers articles que Yagg a consacré aux nouvelles données sur la prévalence (lire notre article sur Prevagay) et sur l’incidence de l’infection par le VIH (lire notre article) parmi les gays continuent d’alimenter les commentaires des internautes. Et du côté des associations, les réactions sont aussi très nombreuses, notamment celles des associations de défense des droits LGBT.

Dans Prevagay, on dénombre 18% de séropositifs dans l’étude (sur près de 900 homosexuels fréquentant le milieu gay parisien). Plus inquiétant, 20% des séropositifs de cette étude méconnaissaient leur statut. De son côté, la première étude d’incidence (nombre de personnes infectées une année donnée) menée en France par l’InVS montrait que les gays comptaient pour la moitié des nouvelles contaminations en 2008.

« NOUS ATTENDONS AVEC IMPATIENCE L’ENQUÊTE PRÉVAHÉTÉRO » »
Face à ces données, l’association Contact Haute-Garonne, qui réunit homos et parents d’homos, s’interroge dans un communiqué de presse. « Nous nous interrogeons… Dans une logique purement scientifique, nous attendons avec impatience, l’enquête « prévahétéro » qui consistera à mesurer le nombre d’hétéros séropositifs au VIH. Cette recherche sera-t-elle menée dans des bars à champagne, des saunas et des bordels hétéros parisiens? Mesurer le nombre de contaminations parmi les homos qui fréquentent les lieux de consommation sexuelle parisiens peut être intéressant, mais ça n’a rien à voir avec mesurer le nombre d’homosexuels séropositifs ».

Et l’association de craindre la stigmatisation. « Arrêter de nous stigmatiser, et arrêter de stigmatiser nos enfants nous semblerait un bon début dans une démarche de prévention digne de ce nom. Nous savons que la proportion de personnes contaminées parmi les homosexuels est importante. Mais ça, on le sait depuis longtemps! Et cela alors que les informations au sujet du VIH sont nettement plus importantes dans les associations, les bars et les boîtes gay, que n’importe où ailleurs! Alors, ne faudrait-il pas d’autres alternatives de prévention que proposer uniquement  des campagnes d’informations ciblées qui montrent leurs limites depuis des années? » Et de conclure: « Mais, pour se protéger, il faut avoir une bonne estime de soi. Il faut pouvoir se rencontrer autrement que la peur au ventre. Il faut pouvoir parler avec ses proches, avec ses partenaires. Il faut pouvoir se construire autrement que dans la haine de soi. Il faut se ressentir comme une personne qui a de la valeur, et non pas comme un pédé, une tapette, une tafiole, une tarlouze… Il faut pouvoir s’aimer, il faut vouloir se protéger! ».