Le fléau des violences conjugales ne régresse pas. En 2008, 157 femmes ont trouvé la mort sous les coups de leur compagnon et près de 700000 ont été victimes de violences conjugales, ces deux dernières années. Des chiffres, en hausse, qui inquiètent et qui font du huis clos conjugal un lieu plus dangereux pour les femmes que l’espace public.

Des violences malheureusement trop souvent étouffés et tues. Le taux de signalement est évalué à 13% selon Enveff (Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France) contre 43% pour les violences sur les femmes dans l’espace public.

« Il est tout de même inadmissible, révoltant même, qu’en 2009 nous en soyons toujours là! Enfin, après des années d’indifférence et même de complaisance, les pouvoirs publics vont commencer à adresser sérieusement le problème! », s’indigne dans un communiqué Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT Paris IDF.

En effet, le gouvernement a désigné ce fléau comme « Grande Cause 2010 », un label attribué tous les ans par Matignon pour mettre en lumière un combat et donner un coup de pouce aux associations en leur permettant de diffuser gratuitement des messages à la radio et sur les chaînes de télévision publique.

Heureusement, l’action du gouvernement ne s’arrête pas là, il renforce aussi et surtout le dispositif juridique (lire le texte du Premier ministre).

DES MESURES JURIDIQUES RENFORCÉES
Tout d’abord, un bracelet électronique pour éloigner les conjoints violents devrait être mis en place. Il devrait, dans un premier temps, être expérimenté dans deux ou trois départements. Un « régime juridique de référé-protection » devrait être introduit dans le code civil, pour protéger les femmes en danger, dans l’urgence, avant même que celles-ci n’aient décidé de porter plainte. Un nouveau délit devrait également être introduit dans le code pénal afin de réprimer les violences psychologiques. « La création de ce délit va permettre de prendre en compte les situations les plus sournoises, ces situations qui ne laissent pas de traces à l’œil nu, mais qui mutilent l’être intérieur des victimes » explique François Fillon. Enfin, les procédures d’éviction du conjoint violent (actuellement applicables aux seuls conjoints mariés) devrait être étendue aux pacsés, aux concubins ainsi qu’aux anciens conjoints. Un ensemble de mesures destiné à mieux protéger les femmes qui devrait être mis en place avant l’été 2010, promet le gouvernement.