L’Onusida, le programme commun des Nations Unies, vient de remettre son rapport annuel, quelques jours avant la Journée mondiale contre le sida. Il y a de plus en plus de séropositifs. C’est forcément une mauvaise nouvelle. Mais cela recouvre deux réalités différentes. Un, les taux de transmission du VIH restent à un niveau très élevé et la prévention n’atteint pas forcément les groupes les plus vulnérables. Deux, l’effet bénéfique des traitements se fait sentir chez un plus grand nombre de personnes, ce qui pour elles est en revanche une bonne nouvelle.

Selon l’Onusida et son rapport sur l’état de l’épidémie fin 2008, environ quatre millions de séropositifs dans les pays du Sud recevaient un traitement antirétroviral, un chiffre multiplié par dix en cinq ans.

Même si la courbe de décès connaît un fléchissement, le sida reste dans de nombreux pays synonyme de mort: l’Onusida estime que deux millions de malades du sida sont morts l’an passé.

Il y a également moins de nouvelles contaminations. Il semblerait selon l’Onusida que le pic de nouvelles infections ait été atteint en 1996 avec environ 3,5 millions de personnes infectées cette année-là (soit une infection toutes les 11 secondes). En 2008, l’estimation du nombre de nouvelles contaminations est de 30% inférieur aux chiffres de 1996, avec 2,7 millions de contaminations nouvelles.

LE SIDA, UN RÉVÉLATEUR SOCIAL
Faut-il se satisfaire de cette décrue? Certainement pas. Trente pour cent de baisse en 13 ans, ce n’est pas suffisant et cela montre que les moyens n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu, tant en matière de prévention que d’accès aux traitements et aux soins. Sans parler de l’accroissement du nombre de pays où la criminalisation de la transmission du VIH est appliquée. L’épidémie de sida reste un problème de santé publique majeur et en Asie notamment, la transmission hétérosexuelle est en augmentation. Si le rapport de l’Onusida indique que les campagnes de prévention marchent, il souligne aussi que certaines populations, les femmes, les usagers de drogue, mais aussi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, doivent être particulièrement visées par les programmes de lutte contre le sida, pays par pays. Une gageure le plus souvent, car de très nombreux pays africains et asiatiques  – qui connaissent des taux d’infection très élevés parmi les gays – ont des législations qui pénalisent l’homosexualité. Vingt-huit ans après les premiers cas, le sida reste un révélateur social. Il touche toujours aussi massivement les populations les plus marginales et les plus vulnérables à travers le monde.

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