Après quatre mois de suspense (le numéro 119, daté de juillet 2009, est le dernier Zero paru), la nouvelle est tombée le 14 octobre dernier. Le groupe Zero Press se déclarait en cessation de paiement au Bulletin de la Chambre de Commerce. Après 12 ans dans les kiosques et 50000 exemplaires diffusés par mois, l’unique magazine gay espagnol suspend sa publication. Miguel Angel Lopez, le directeur et rédacteur en chef a déclaré: « Le refus des banques et la crise de la publicité ont rendu impossible le maintien de 16 emplois fixes ».

Connu pour son engagement en faveur de la visibilité des gays, des lesbiennes et des trans’, le magazine espagnol n’a pas hésité à choquer, transgresser, émouvoir dans un pays, à l’époque de sa création, bien loin du progressisme de Jose Luis Zapatero. Ce dernier a d’ailleurs accordé deux entretiens fleuves à Zero dont celui où il annonçait qu’en cas de victoire, il autoriserait le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Les Espagnols se souviennent encore de l’appui du magazine au dirigeant socialiste avec notamment le fameux « Zero, Zero, Zapatero », slogan affiché en couverture.

Jesus Vasquez en couverture de ZeroDES COUVERTURES-CHOCS
Ces couvertures ont souvent fait couler beaucoup d’encre: José María Sánchez Silva, le premier militaire à faire son coming-out, ou encore la ministre de l’Égalité, Bibiana Aido, accompagnée d’un gay et d’une trans’, rien ne paraissait impossible à Zero. Et si nous ne devions retenir qu’une seule de ces couvertures, peut-être serait-ce celle où Jesus Vasquez, le présentateur vedette de la télévision espagnole, apparaît en Christ crucifié après que de faux témoignages l’ont accusé de pédophilie et l’ont obligé à faire son coming-out! (ci-contre). Un véritable œuvre d’art pour le coup diablement politique. C’était Zero.

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