Après avoir, pendant plusieurs années, été à la traîne par rapport à d’autres pays, la France se rattrape en matière d’informations plus précises et actualisées sur le VIH.

Hier, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) a communiqué aux associations de lutte contre le sida, puis à la presse, une estimation de l’incidence [nombre de personnes nouvellement contaminées une année donnée, à ne pas confondre avec la prévalence]  de l’infection par le VIH (une étude menée par Stéphane Le Vu, en partenariat avec l’Agence nationale de recherches sur le sida). Cette estimation montre que le nombre de contaminations reste élevée en France, avec 6940 nouvelles contaminations en 2008, la quasi totalité par rapport sexuel (voir tableau ci-dessous). Les nombres de contaminations par rapports hétérosexuels et homosexuels sont du même ordre de grandeur, respectivement 3550 (51%) et 3320 (48%) et parmi les contaminations hétérosexuelles, 1800 (51%) concernent des hommes et 1750 (49%) des femmes. Avec 70 cas estimés, les personnes infectées par usage de drogues par voie intraveineuse représentent 1% des nouvelles contaminations. Les personnes de nationalité étrangère représentent 23% des nouvelles contaminations et 45% des contaminations hétérosexuelles.

Source InVS

Source InVS

Rapporté à l’effectif de la population de 18 à 69 ans, sexuellement active ou ayant consommé de la drogue par voie intraveineuse, le taux d’incidence global est estimé à 17 cas annuels pour 100 000 personnes. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) représentent la population la plus touchée avec un taux d’incidence estimé à 1006 contaminations par an pour 100 000 HSH (soit un taux d’incidence de 1% par an). Par rapport à la population hétérosexuelle française, le taux d’incidence est 200 fois supérieur dans la population des HSH, 18 fois supérieur parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse, et 9 fois supérieur chez les personnes hétérosexuelles de nationalité étrangère. Parmi ces dernières, les taux d’incidence chez les hommes et les femmes de nationalités d’un pays d’Afrique subsaharienne sont respectivement 29 fois et 69 fois supérieur à celui de la population hétérosexuelle française.

Source InVS

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