UNE MÉDIATION INEXISTANTE
Il suffit pourtant qu'un seul voisin soit "gêné", pour que s'enchaînent descentes de police, amendes, fermetures provisoires et pressions incessantes de la part de la Préfecture. C'est le témoignage notamment du gérant de la Mécanique Ondulatoire à Bastille qui, pour un voisin insatisfait, n'a plus le droit d'organiser de concert. Le gérant du Baron raconte: "une voisine ne nous lâche pas depuis trois ans et nous envoie la police tous les soirs. D'après les études d'impact nous sommes aux normes, personne d'autre ne se plaint d'ailleurs, pourtant cela ne nous protège pas des amendes. Il suffit qu'une personne se plaigne pour que les autorités nous tombent dessus. On n'a pas le droit à la parole, ni à la médiation. Et finalement, on est en train d'endormir Paris".

Le gérant du Pop In, rue Amelot, rajoute: "On est infantilisé, on va au commissariat se faire taper sur les doigts, on se retrouve avec des amendes à payer et des fermetures régulières, sans qu'il n'y est jamais la moindre médiation". Le Panic Room, toujours rue Amelot, a quant à lui perdu son autorisation d'ouverture tardive et le Cabaret sauvage se voit interdire le droit d'organiser des soirées électro, considérées "à risque" par la Préfecture. Le gérant s'indigne: "depuis deux ans il ne se passe pas une semaine sans que l'on ait des menaces de fermeture de la part de la Préfecture. Les études d'impact prouvent pourtant que nous ne dérangeons personne. Pour moi, il s'agit de questions purement politiques".

DES ESPOIRS ET DES PROMESSES POUR RÉVEILLER LA CAPITALE
Éric Labbé, l'un des organisateurs de la pétition, se réjouit tout de même des quelques avancées de ces derniers jours: "nous avons pu rencontrer des responsables de la Préfecture de Paris vendredi dernier et nous avons le sentiment que l'on commence à nous écouter, qu'il s'agit d'un premier pas. Nous espérons maintenant relancer le dispositif "Observatoire des lieux musicaux à Paris", un véritable outil de médiation entre la Préfecture, les gérants de lieux de sorties et les riverains, pour traiter des questions juridiques et techniques. L'autre proposition serait de créer un événement de type "États généraux de la nuit" afin de rassembler au-delà des acteurs locaux, les interlocuteurs de dimension nationale (ministères de la Culture, de l'Économie, du Tourisme, la Sacem…) pour faire le tour de cette problématique. La Préfecture promet de commencer les premières démarches en ce sens dès janvier 2010.

La ville de Paris s'y joint également. Elle a lancé hier un nouveau site, Parisnightlife.fr, et confirme son engagement pour réveiller la capitale. Jean-Bernard Bros, adjoint au Maire de Paris, rappelle pour conclure que "si la tranquilité des riverains reste essentielle, la fête et la sociabilité sont des nécessités. L'activité nocturne est une chance et un atout pour Paris, et fait partie intégrante du patrimoine culturel mais aussi économique de notre capitale".

Affaire à suivre, donc!

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