Ce sont des chiffres auxquels nous nous attendions, mais qui sont préoccupants. Dans son interview vidéo, Annie Velter, responsable de l’enquête Prevagay  (lire notre article) livre en exclusivité pour Yagg les deux principaux chiffres de cette première enquête de prévalence grandeur nature (mesure de la proportion d’hommes séropositifs dans une population).

Parmi les 886 sérologies, 157 sont positives pour le VIH. Ce qui veut dire que 18% des hommes qui se sont prêtés à l’enquête sont atteints par le VIH. C’est plus que l’estimation nationale, qui tourne autour de 10 à 15%, et qui se base sur les déclarations des gays dans les enquêtes (Presse gay ou Baromètre gay).

MÉCONNAISSANCE DU STATUT SÉROLOGIQUE: UN CHIFFRE INQUIÉTANT
Autre chiffre très important: parmi ceux dont la sérologie était positive, un sur cinq avait déclaré un autre statut dans le questionnaire. Soit ils avaient déclaré être séronégatifs, soit séro-interrogatifs, soit pour certains d’entre eux, ils n’avaient jamais fait le test.

Rappelons que dans Prevagay, les hommes qui acceptaient de participer à l’étude se voyaient proposer de donner leur sang, par auto-prélèvement capillaire au bout du doigt, puis de compléter un questionnaire. Aucun résultat ne leur était remis, mais une offre de dépistage leur était proposée.

Annie Velter, responsable de l'enquête Prevagay

Début 2010, d’autres résultats de Prevagay, qui a été menée en collaboration avec le Sneg, seront publiés. Ils porteront notamment sur l’incidence du VIH parmi les homos: on pourra savoir si leur contamination a eu lieu il y a plus de six mois ou si elle est plus récente. Des informations importantes sur les Infections sexuellement transmissibles et les hépatites seront également communiquées.

En attendant, le message est clair: faites un test de dépistage, et faites-le très régulièrement.

[Mise à jour, 14h30] L’association Aides a réagi à la publication des premiers résultats de Prevagay. Dans son communiqué, Aides écrit: « Face à ces nouvelles données de l’InVS, AIDES appelle au renforcement de la mobilisation pour la prévention de la transmission du VIH/sida avec les gays et les bisexuels. Il est nécessaire de poursuivre et développer des actions spécifiques et variées de prévention permettant de toucher les gays. Notamment, le renforcement des actions de proximité sur les lieux de socialisation gay et celles facilitant l’accès au dépistage répété du VIH pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes. »

[Mise à jour, 15h46] L’Institut de veille sanitaire (InVS) publie un communiqué de presse et les premiers résultats de Prevagay sur son site, à lire ici.

[Mise à jour, 18h] Act Up-Paris réagit à son tour. Extrait du communiqué de l’association. « Cette étude met clairement en évidence une transmission particulièrement rapide du virus dans notre communauté. Si le renforcement du dépistage du sida est nécessaire chez les gays, ces résultats sont là pour rappeler que le seul dépistage ne protège pas du sida. L’importance des infections récentes constatées dans l’étude exige de ne pas perdre de vue la dimension comportementale de la prévention, particulièrement chez les gays où l’ampleur de la prévalence rend la lutte contre l’épidémie plus difficile qu’ailleurs. »

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