C’est une nouvelle habitude, à France 5, d’inviter des homophobes patentés pour parler d’homosexualité? Après Yves Calvi invitant Christian Vanneste dans C dans l’air jeudi (voir la vidéo), Nicolas Demorand recevait hier, dimanche, Christine Boutin dans C Politique. Et ça n’a pas raté, la présidente du Parti chrétien-démocrate avait évidemment des choses à dire après la décision du tribunal administratif de Besançon d’autoriser Emmanuelle B., lesbienne en couple, à recevoir l’agrément en vue d’une adoption (lire notre article): pour elle, la loi est hypocrite et soit on autorise les homosexuel-le-s à adopter, soit on interdit l’adoption par les célibataires: « Moi, comme je pense qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, eh bien je dis qu’il faut interdire l’adoption par les célibataires. »

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De son côté, invitée du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a estimé que le TA de Besançon avait appliqué la loi à la lettre, une loi qui n’a en rien besoin d’être changée: « Le rôle de la loi dans notre pays, c’est aussi de fixer un certain nombre de règles qui constituent la base de la société. Alors, bien entendu, la société évolue, et dans un certain cas on fait évoluer la loi. Aujourd’hui, la loi, ce sont les règles du jeu de la vie en commun. Les règles du jeu de la vie en commun, elles reposent sur une certaine conception de la société et sur une certaine conception de la famille, et s’il y a des évolutions, ces évolutions doivent obligatoirement se faire d’une façon globale. (…) Et je crois qu’il y a un grand problème dans notre pays, c’est que trop souvent on prend pour des situations exceptionnelles des lois qui ensuite vont s’appliquer à tout le monde. » Et d’ajouter qu' »un enfant a besoin d’un père et d’une mère ».

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Des propos qui ont dû rassurer Yves Nicolin, député UMP et président de l’Agence française de l’adoption, qui, dans un entretien au Progrès, se dit opposé à ce que le Parlement légifère sur l’adoption par un couple homosexuel. « C’est un fait aujourd’hui: il y a déjà des couples homosexuels qui ont des enfants biologiques », explique-t-il. « C’est leur affaire: je ne veux pas rentrer dans la sphère privée. (…) La société doit-elle s’adapter aux mœurs des uns et des autres par une loi? La société privilégie le mariage, et donne des allocations familiales parce que faire des enfants, cela concourt au développement de la société française. »

Enfin, la décision du TA de Besançon a aussi fait sortir de l’ombre Gérard Bailly, l’ancien président du Conseil général du Jura. C’est lui qui, en 2000, avait, le premier, refusé l’agrément à Emmanuelle B. Selon Le Progrès, il demande aujourd’hui à son successeur, Jean Raquin, auteur du second refus, de faire appel…

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