L’Irlande reçoit la France dans son antre de Croke Park pour une place en Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Le Quinze de France, lui, a conquis la RSA. Michael Phelps nage déjà en bermuda. Tremblez carcasses!

Rugby. Vendredi 13: il n’y avait qu’à bien se tenir du côté de Toulouse. Un 15 contre un 15. L’équipe de France contre l’Afrique du Sud, championne du monde en titre. Le test-match est une tradition dans l’ovalie: souvent, en automne, le Sud rend visite au Nord. Celui-ci est déjà passé de l’autre côté de la planète à la fin du printemps.

Ce vendredi soir, dans le vent glacial de Toulouse, les Français l’ont emporté au terme d’un match âpre (20-13). On parle souvent en sport de la solidarité d’une équipe. Bel exemple hier soir. Intensité de tous, Vincent Clerc, Imanol Harinordoquy ou Thierry Dusautoir; opiniâtreté presque brute des piliers à l’instar de Fabien Barcella, simplement magnifique. Et au milieu, Julien Dupuy, demi de mêlée virevoltant chef d’orchestre. On était loin d’un match parfait – mouvements français gâchés par une perte de balle, deux cartons jaunes sud-africains entraînant deux expulsions temporaires mais quelle ambiance…

Le rugby est l’un de mes sports préférés pour ses schizophrénies: il faut faire avancer un ballon en se le passant en arrière, il faut combattre, grogner, parfois saigner sans oublier d’apporter ces instants de grâce absolue, un poignet qui chaloupe pour offrir la balle au copain qui va aplatir derrière la ligne. Enfin pour ce public amoureux, connaisseur, sincère et fair-play. Ce fut le cas hier soir au Stadium, l’antre du prestigieux Stade Toulousain.

Suite des festivités le 21 novembre contre les Samoa au Stade de France, à Saint-Denis, puis contre les All-Black une semaine plus tard au stade Vélodrome, à Marseille. Les Néo-Zélandais que les Français avaient battus en juin chez eux avant de s’incliner lors d’un deuxième match. Parfois, la carcasse n’est pas celle que l’on croit.

Football. Patte de lapins, fer à cheval, trèfle à quatre feuilles, il faudra aussi un peu de chance – en sport cela s’appelle de la réussite – pour l’équipe de France qui se déplace dans le bouillonnant stade de Croke Park, à Dublin. Premier acte des deux matches de barrage pour la qualification à la Coupe du monde 2010.

L’Eire, en football, c’est une équipe chaude bouillante, rugueuse. Une équipe invaincue dans les qualifications qui a arraché des matches nuls, dont un contre l’Italie championne du monde. Match retour mercredi au Stade de France. Dès ce soir, on risque d’avoir une petite idée. Comment une équipe prend son destin en main. Après tout, ce sont les joueurs qui seront au Mondial. Peut-être faudrait-il y penser avant de faire haro sur un seul homme.

Au passage, je ne résiste pas à l’envie de vous donner des nouvelles de l’équipe de France féminine (lire Terrains de Jeux du 17 octobre). Les bleues se baladent dans les qualifications pour le Mondial 2011. Elles ont trois victoires au compteur avec 21 buts en trois matches (un dernier 12-0 contre l’Estonie, au Havre), sans avoir pris de buts. Elles sont premières de leur groupe. À noter aussi que la capitaine vient d’améliorer le record de sélections en équipe de France dépassant ainsi Lilian Thuram. Allez, encore un effort et les médias vont peut-être se prendre un peu plus au jeu.

Tennis. Il a soigné sa grande carcasse de champion, il revient et il est très content. Rafael Nadal monte en puissance au Tournoi de Paris-Bercy où il est demi-finaliste et rencontre cette après-midi le Serbe Novak Djokovic. Le numéro 2 contre le numéro 3, pas mal comme affiche. Gaël Monfils est de la partie contre Radek Stepanek.

Natation. L’une des dernière chances de voir des corps moulés dans ces combinaisons. Ils seront nombreux à tenter d’améliorer des records ce week-end à Berlin lors de la Coupe du monde en petit bassin. Et au milieu, Michael Phelps. Le huit fois médaillé d’or des Jeux olympiques de Pékin a déjà repris le bermuda qui sera d’usage dès le 1er janvier, quand les combinaisons seront interdites. Il porte la barbe, nage torse nu. Cela a une certaine gueule de devancer ainsi l’appel. Lui presque nu face à ses collègues habillés. Différent, une nouvelle fois. Marque d’un champion. Bon week-end, bande de carcasses.