13 novembre 2009 17:13
Chat avec Jean-Luc Romero: l’intégralité des échanges+la vidéo du making-of
Publié par Xavier Héraud | Dans Chats,VIH
manu: Pensez-vous qu'il y a eu un échec de la prévention en France?
Jean-Luc Romero: Ces dernières années, clairement, car il n'y a plus de parole politique sur le sida et donc tout le monde a baissé la garde. Non seulement pour la prévention, mais aussi pour le combat contre les discriminations que subissent les personnes séropositives. Le Conseil national du sida (CNS), sous l'impulsion du Pr Rozenbaum, a souvent montré le chemin mais a bien du mal à être entendu. Un exemple: le CNS s'était prononcé pour la généralisation des tests rapides qui permettent en une demi-heure de donner le résultat à la personne et qui peut être fait en dehors des établissements de santé et par des personnels associatifs formés. Malheureusement, en France, on n'en est qu'à l'expérimentation, et il va falloir attendre longtemps avant que ce ne soit généralisé alors que chacun connait l'importance de savoir son statut sérologique à la fois pour soi et pour les autres.
pieuvre0_0: Il me semble que la question de la contamination via la fellation reste peu claire dans la prévention, qu'en pensez-vous?
Jean-Luc Romero: Je ne suis pas médecin et pas le mieux habilité à me prononcer là-dessus. Ce n'est pas mon rôle, je suis un militant associatif et politique et pour moi je préfère que ce message soit porté par des hommes et des femmes comme le Pr Rozenbaum ou Françoise Barré-Sinoussi, qui se sont exprimés à de très nombreuses reprises sur ce sujet.
Dominique: M. Romero, malgré vos engagements contre le sida et l'homophobie, comment pouvez-vous encore soutenir un gouvernement qui est contre le mariage entre deux personnes du même sexe et l'adoption, Mme Bachelot avec si peu de campagnes contre le sida, Mme Pecresse qui lance une campagne pendant les vacances universitaires et toujours la présence du depute du nord M. Vanneste?
Jean-Luc Romero: Cela fait deux ans et demi que j'ai quitté l'UMP justement parce que ce parti continuait (et continue) à soutenir M. Vanneste. Je ne m'étendrai pas sur ce député car il ne vit que de ses provocations contre les LGBT et parler de lui lui fait de la publicité. Plus globalement, je suis en désaccord avec le gouvernement sur les questions de société. J'ai cru pendant 20 ans pouvoir faire avancer les choses de l'intérieur. J'en suis arrivé au constat que j'avais échoué. Je préfère aujourd'hui militer à l'intérieur d'associations qui portent des débats citoyens et qui grâce à un rapport de force permettront, comme je l'espère, et comme tant d'autres pays européens, que nous obtenions l'égalité entre les homos et les hétéros.
Le modérateur: Deux questions qui peuvent être complémentaires...
steph: Êtes-vous toujours de droite?
Chamallow: Une question politique: serez-vous candidat sur la liste PS pour les régionales à Paris?
Jean-Luc Romero: Le mot droite ne m'a jamais convenu, et je me suis toujours senti comme un gaulliste social et humaniste. Cela peut paraître désuet en 2009 mais mon engagement était en faveur de cette troisième voie que défendaient les gaullistes, entre capitalisme sauvage et communisme. J'ai toujours défendu la liberté et les libertés et je considère qu'aujourd'hui l'UMP ne défend plus qu'une seule liberté, la liberté économique et souvent celle du plus puissant. Quant aux régionales, je siège en tant qu'apparenté dans le groupe radicaux de gauche depuis un an et demi et je soutiens Jean-Paul Huchon. Il ne serait donc pas illégitime que je puisse continuer à travailler à ses côtés. Mais la question ne se pose pas aujourd'hui car je suis centré sur la défense de la légalisation de l'euthanasie, à travers mon nouveau livre, Les Voleurs de liberté, et le débat sur la légalisation de l'euthanasie qui aura lieu à l'Assemblée le 19 novembre prochain. Par ailleurs, je prépare aussi le 1er décembre, Journée mondiale contre le sida. Il sera temps après ce 1er décembre de réfléchir à l'avenir.
Sourd_Deaf: Vous êtes séropositif. Êtes-vous pour le vaccin contre la grippe A?
Jean-Luc Romero: Je suis dans un protocole et j'ai fait le vaccin il y a une semaine. J'ai été malade comme un chien pendant deux jours. Je ne sais pas si je le referais. L'avenir me dira si j'ai eu raison. Il est difficile de se faire une opinion avec les avis divergents des différents médecins de la lutte contre le sida. L'intérêt c'est que je serai suivi pendant un an à l'hôpital et qu'au bout d'un an on saura si ce vaccin a été efficace contre la grippe et n'a pas eu de conséquences néfastes pour mon système immunitaire.
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Tous les commentaires: 3
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Phil86 | Publié 13 novembre 2009 à 18h25
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Franck Lorse | Publié 14 novembre 2009 à 23h25
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Aline | Publié 15 novembre 2009 à 11h36
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