Dans le flot de réactions à la décision du tribunal administratif de Besançon qui a enjoint le Conseil général du Jura de délivrer un agrément à l’adoption à une institutrice lesbienne, Emmanuelle B. (lire notre article), deux ressortent particulièrement aujourd’hui.

Celle de Nadine Morano, tout d’abord, en sa qualité de secrétaire d’État chargée de la Famille mais aussi en raison de ses prises de position particulièrement gay-friendly de ces derniers mois (lire notre article). Mais voilà, Nadine Morano s’est enfermée toute seule dans une contradiction dont elle risque d’avoir du mal à se sortir. Le gouvernement ayant indiqué, par la voix de son porte-parole Luc Chatel, qu’il était défavorable à l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels, Nadine Morano ne peut pas faire entendre une voix discordante, surtout après si délicatement rappelé récemment, à l’attention de Rama Yade, la célèbre phrase de Jean-Pierre Chevènement: « Ou on ferme sa gueule, ou on démissionne ». Il n’y a pas de projet pour réformer l’adoption en faveur des couples homosexuels », a-t-elle ainsi déclaré hier. « Mais il faudra ouvrir le débat, pourquoi pas lors de la prochaine élection présidentielle en 2012 ».

Hervé Morin, lui, ne semble pas avoir les mêmes états d’âme. Interrogé sur Canal+, le ministre de la Défense et président du Nouveau Centre a répondu à la question de savoir s’il était favorable à l’adoption par les couples gays et lesbiens: « Oui, je le suis ». « À titre personnel, c’est un sujet parmi lesquels je compte engager une réflexion au titre du Nouveau Centre », a-t-il ajouté. « Avant tout, ce qui compte, c’est l’amour que peut avoir un enfant quelle que soit la configuration du couple. »

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