Qu’est-ce que la chute du Mur a changé pour la vie nocturne? Pour le business du clubbing en général, c’était génial. Dans la partie Est de Berlin, beaucoup de maisons et d’immeubles étaient laissés vides. Durant les premières années après la chute du Mur, les gens y ont installé des clubs comme bon leur semblait. C’est comme s’il n’y avait aucune loi à l’Est et que l’Ouest prenait du retard. Cela a été très fructueux pour la scène musicale aussi. La techno a pris son envol et bien sûr, tout cela a attiré beaucoup de monde.

Ce qui t’a permis de rencontrer un certain Français… Oui, Philippe fait partie de ceux qui sont venus à Berlin par curiosité, pour vivre l’expérience d’un pays communiste en train de s’ouvrir – et qui est resté. Ce dont je ne me plains pas…

En plus du restaurant que vous avez ensemble, tu organises des soirées gays dans l’ancienne zone Est? Oui, les soirées GMF sur Alexanderplatz et celles au Klub International qui ont lieu dans un ancien cinéma typiquement communiste. Quand on va dans la cave, on sent encore cette odeur différente, caractéristique de l’ancien régime…

Comme quoi, même 20 ans plus tard, toutes les traces ne sont pas effacées… J’avoue avoir personnellement mis longtemps à m’habituer aux changements, à y croire. Au début, je n’allais même pas dans les zones Est de Berlin. Je n’avais pas confiance. Une fois intégrée cependant, la réunification m’a paru fantastique. Mais le Mur existe toujours dans ma tête. Même s’il y a aujourd’hui de jolis immeubles à sa place, je sais exactement où il était et je le sens physiquement quand j’y passe…

Propos recueillis par Neel Chrillesen

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