Petit épisode de carnet rose parmi les têtes régnantes: à l’occasion d’un gala organisé autour du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, le nouveau et très gay ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle (à droite sur la photo) a présenté hier soir son compagnon de vie, Michael Mronz (à gauche), à son homologue américaine, la secrétaire d’État Hillary Clinton. Cela s’est passé dans le célèbre et prestigieux hôtel Adlon, lors du gala des At­lantic Council Awards, à deux pas de la porte de Brandebourg. Le président Obama n’avait pu faire le déplacement et c’est naturellement sa ministre des Affaires étrangères qui y représentait les États-Unis.

Il ne s’agit pas nullement d’une simple anecdote: on se trouve ici au plus haut niveau de la politique internationale, au cœur même du sérail des maîtres du monde. Un tabou d’importance vient de tomber au plus haut niveau: la deuxième personne en importance dans le gouvernement allemand est gay et se fait naturellement accompagner par son ami lors d’un événement mondain au sommet, et, pour citer le maire de Berlin, lui aussi ouvertement gay, « das ist auch gut so! » (« il en est très bien ainsi! »).

L’événement a valeur de symbole, d’autant plus que l’Allemagne a encore des pans de mur à faire tomber en matière de discrimination homosexuelle.

Rappelez-vous, c’était hier au regard de l’Histoire, un excellent écrivain militant comme Jean-Louis Bory narrait dans Ma moitié d’orange (1973) qu’il refusait de répondre aux cartons d’invitation adressés à Monsieur Jean-Louis Bory et Madame, comme le voulait le (mauvais) usage de l’époque. Il exigeait qu’on les adresse à Monsieur Jean-Louis Bory et Monsieur. Une époque cruelle qui conduisit le regretté Jean-Louis Bory à la dépression et au suicide.

S’il y a un au-delà,  Jean-Louis Bory doit se retourner d’aise dans son cercueil. Justice lui est enfin rendue au pinacle des États démocratiques contemporains! Puissent ses mânes y trouver quelque paix rétroactive…

En attendant, on ne peut que se réjouir de la chute d’un des nombreux murs homophobes encore érigés en ce début de millénaire.

Des photos de l’événement sont visibles sur daylife.com

Luc Lebelge Photo Tafkas

En partenariat avec Gay Kosmopol

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