Pitaladio a été l’une des premières inscrites de la communauté Yagg qu’elle anime énormément de ses discussions. C’est donc avec une joie toute particulière que nous mettons aujourd’hui en avant son texte, suivi de la vidéo de la publicité évoquée.

Être père, quelle plaie! Être mère, quel pied!, par Pitaladio

On sait depuis longtemps que les publicités pour les voitures ne s’adressent quasiment jamais aux femmes et sont souvent sexistes, voire misogynes. C’est un choix que je trouve assez bizarre dans la mesure où il me semble bien que les femmes aussi conduisent et achètent des voitures. Enfin, en tout cas, j’en ai aperçu quelques-unes au volant (mort au tournant!).

Je voudrais parler d’une pub pour une marque que je ne citerai pas et qui est déclinée depuis un moment, mais toujours avec le même slogan qui personnellement me choque, je me demandais si j’étais la seule dans ce cas.

Voici le slogan: « Être père se paie déjà assez cher ».

Et ce qui me choque, ce n’est pas tant ce qui est dit (être père, ça peut parfois être pénible, ce qui est vrai), mais ce qui n’est pas dit. Car il n’y a pas, et il n’y aura jamais, de version féminine: « Être mère se paie déjà assez cher ».

Cette pub m’agace profondément parce qu’en faisant mine d’aller à l’encontre du politiquement correct, elle relève en fait d’une vision sexiste et rétrograde de la femme et de sa place dans la famille et dans la société, mais d’une manière insidieuse, justement en éliminant la femme de l’équation, comme si ça allait de soi.

Le choix, forcément conscient du publicitaire, tient sans doute à une vraie crainte de choquer, car en effet, personne ne s’offusque vraiment de lire qu’être père, ça peut parfois être pesant, mais comment pourrait-on imaginer qu’une mère puisse un seul instant penser la même chose? Elle qui est faite naturellement pour porter des enfants, les élever, s’en occuper et surtout pour adorer ça, pour n’aspirer qu’à cela et s’y épanouir totalement.

Alors que l’homme a sans doute une destinée plus grandiose à accomplir et que ses tympans sont trop fragiles pour supporter les cris des bébés, que son cerveau, occupé normalement à des tâches plus nobles, n’est pas fait pour compter le nombre de dosettes à mettre dans le biberon. Sans parler de ses narines, qui si elles tolèrent parfaitement l’odeur du gazon fraîchement tondu, du barbecue dominical et de la sueur des copains au vestiaire, est totalement réfractaires aux doux effluves qui se dégagent des couches de ses chers morpions. Et puis surtout, autant la mère ne vit que par et pour ses enfants, autant, pour le père, il s’agit juste d’une formalité, en quelque sorte.

On est donc en plein cliché, nous revoilà revenus dans les années 50: la mère est forcément aimante et le père forcément distant. La femme est réduite à un cœur, une matrice et une paire de nichons, et l’homme à un cerveau, un tas de muscles et une paire de couilles.

Il serait pourtant grand temps que les publicitaires, et la société en général, se rendent compte que la femme a bien un cerveau et que l’homme a bien un cœur.

httpv://www.youtube.com/watch?v=vWisQY0vbw8

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