« Un point d’étape ». C’est ainsi que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a présenté mardi 3 novembre la campagne de lutte contre l’homophobie dans les universités. Un message encourageant pour les nombreuses associations présentes lors de la réunion qui n’espéraient pas moins de voir la campagne s’inscrire dans la durée (lire notre article).

« La ministre a bien compris que ce n’était pas un aboutissement, mais bien le début de quelque chose, se félicite Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT. Un applaudissement partagé par toutes les associations saluant le travail et le sens de l’écoute de Valérie Pécresse. S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact de cette campagne auprès des étudiants, nombreux sont ceux qui s’accordent à dire qu’elle donne au moins à réfléchir. Pour la ministre, le pansement est donc posé sur la plaie de l’homophobie dans les universités, mais les associations de lui rappeler qu’elle continue de saigner.

« VALÉRIE PÉCRESSE S’EST MONTRÉE CONVAINCANTE »
Preuve s’il en fallait, dans certaines universités ou grandes écoles, les affiches restent dans les placards ou sont même déchirées. Interpellée hier sur cette question par Elizabeth Ronzier de l’association HBO (Homos et Bis d’Orsay), la ministre a pris la décision de rappeler à l’ordre, dans un lettre, les présidents d’universités et des écoles supérieures afin de souligner le caractère institutionnel de la campagne. Aux grands maux, les petits remèdes? Cet engagement suffit du moins à renouveler la confiance des associations. « Valérie Pécresse s’est montrée convaincante et a parfaitement intégré les problématiques homosexuelles comme celles de la découverte et de l’acceptation. Elle nous a montré que ce n’était pas une campagne au rabais », souligne Guillaume Le Maire, délégué général de GayLib avant d’ajouter « mais il faut aller encore plus loin ».

« LE PROBLÈME RESTE ENTIER »
Et plus loin, les associations de lutte contre l’homophobie sont bien décidées à y aller. Si Valérie Pécresse s’est montrée réceptive aux problématiques à venir, elle n’a pas pour autant mouillé son tailleur de ministre. Parmi les sujets abordés, beaucoup méritaient pourtant un tel engagement. « L’importance de la formation du personnel sur la sursuicidité chez les homos », pour LMDE (La Mutuelle des étudiants) et l’association Le Refuge, « la fin du diktat du modèle hétérosexiste » pour l’Inter-LGBT, « l’importance d’une campagne sur la bisexualité chez nos compatriotes d’outre-mer » pour l’association Tjembe Red ou encore la transphobie dans les couloirs des campus sont autant de chantiers laissés, pour le moment, en suspens par la ministre pour qui « le problème reste entier ». Mais si chaque association y va de son combat, toutes s’élèvent en chœur sur la question des droits des homos. Mariage, adoption… Valérie Pécresse, relais du gouvernement, n’en a pourtant pas pipé mot. Le feu de la discrimination ne saura donc être éteint demain. Mais « le combat continue », rassure Elizabeth Ronzier. Et Philippe Castel de fixer un nouveau rendez-vous l’année prochaine avec « une nouvelle campagne qui suivra l’évolution du monde étudiant ».

Raphaëlle Santini

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