La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, recevra mardi 3 novembre, les représentants d’associations qui luttent contre l’homophobie. Cette réunion fait écho au renforcement ce mois-ci de la campagne lancée en juin dernier, destinée à lutter contre l’homophobie dans les universités. Deux nouvelles affiches (photos), mettant en scène deux jeunes gays issus de l’immigration, verront en effet le jour dans les amphis, Crous, cafés, tabacs, restaurants…

Au total, ce sont plus de 60000 affiches qui auront été placardées depuis le printemps. Une vaste action, première du genre, qui se prolonge aussi sur internet. Facebook, MSN feront la place belle à des encarts, et des spots radio seront programmés sur Skyrock et Fun Radio.

EN DEHORS DES CAMPUS
L’objectif affiché de ce deuxième volet de campagne est donc de toucher l’homophobie là où elle fait mal, en élargissant la diffusion en dehors des campus et en s’adressant davantage aux minorités. Reste à savoir comment cette campagne sera accueillie dans les milieux associatifs et étudiants. C’est bien tout l’enjeu de la réunion de demain tenue par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. L’Inter-LGBT, GayLib, le Caelif (le collectif des associations LGBT des grandes écoles et des universités de la région parisienne), le Mag, l’Inter-trans, le Refuge, HBO (Homos et Bis d’Orsay) et l’association Tjembe Red qui lutte contre l’homophobie en outre-mer, bénéficieront donc d’une tribune ouverte pour rendre compte des premières réactions observées sur le terrain. Et les étudiants de la LMDE et de l’UNEF de témoigner à leur tour de leur ressenti au vu de ces affiches.

Côté associatif, GayLib, co-conceptrice de la campagne, applaudit d’ores et déjà le travail accompli. Pour son porte-parole Stéphane Dassé, l’engagement est tenu: « Je félicite le double message de cette campagne. Ces deux nouvelles affiches mettent aussi en scène « la France de la diversité ». C’est important puisque le pôle d’homophobie aujourd’hui n’est plus seulement à Versailles, mais surtout dans les quartiers. »

Même son de cloche du côté de l’Inter-LGBT, inspiratrice elle aussi de la campagne. Si son porte-parole Philippe Castel regrette que les filles soient maintenant en minorité, il salue « le véritable travail de sensibilisation. Nous avons maintenant une visibilité sur la question de l’homosexualité à l’université « . Des premières retombées positives donc qui donnent un avant-goût de la réunion de demain.

ALLER PLUS LOIN
Mais pour Philippe Castel, la route reste longue. « J’attends des engagements de la ministre pour consolider la pérennité de cette campagne. Demain, je soulignerai l’importance de la formation du personnel enseignant. J’expliquerai aussi que la discrimination ne tient pas au seul fait des injures, mais aussi de l’égalité des droits »,  souligne-t-il avant d’ajouter: « nous ne devons pas avoir l’impression que cette lutte contre l’homophobie est une façon pour l’État de répondre à la question du mariage pour les couples de même sexe ou de l’adoption. Il ne faut pas que cette campagne empêche d’aller plus loin ». Valérie Pécresse aura donc demain du pain sur la planche…

Raphaëlle Santini

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