La décision de Barack Obama de mettre un terme à l’interdiction qui était faite aux séropositifs d’entrer sur le territoire américain est une très bonne nouvelle. Pour eux, pour nous, bien sûr. Et bien au-delà aussi. La fin annoncée de cette loi infâme marque un changement radical dans la façon de gouverner aux États-Unis. Avec Barack Obama, la politique n’est pas dictée par la peur ou les croyances. Cette décision, c’est la victoire du droit, de la science et de la raison. Et pardon pour la grandiloquence, mais j’ai droit à mon quart d’heure d’émotion.

L’OBSCURANTISME D’UN AUTRE ÂGE
Il y avait quelque chose de l’obscurantisme d’un autre âge, du temps des grandes épidémies, dans le fait que le pays le plus puissant de la planète prétende lutter contre l’épidémie de sida en refusant l’accès des séropositifs sur son territoire. Quelque chose d’ironique aussi, puisque parmi les pays développés, les États-Unis est l’un de ceux qui compte le plus de personnes atteintes et que c’est dans les villes de New Yok et de San Francisco qu’ont été signalés les premiers cas de cette nouvelle maladie, en juillet 1981.

Obama signe la fin de l’interdiction et c’est toute la politique de lutte contre le sida qui progresse. Sur le questionnaire remis par les autorités d’immigration, le VIH était considéré comme une maladie contagieuse. Ce qu’il n’est pas. Le VIH est une infection transmissible; laisser croire que le virus agent causal du sida puisse se propager comme celui de la grippe ou comme le bacille de Koch pour la tuberculose était infondé scientifiquement. Celà ne faisait que renforcer les fausses croyances sur les modes de transmission: ça ne rendait service ni à la prévention ni à la lutte contre les discriminations envers les malades. Les discriminations sont les alliées objectifs du virus et les politiques basées sur la peur et les fausses croyances font des ravages: peur de se faire dépister, peur d’en parler, manque d’estime de soi empêchent chez beaucoup l’adoption de pratiques sexuelles sûres.