Le Centre Pompidou propose jusqu’au 11 janvier prochain une exposition de plus de 200 photographies et documents surréalistes, ainsi que quelques films, sous le titre La Subversion des images. Photomatons, images découpées dans des magazines érotiques, cartes postales, photographies réalisées par des anonymes, photographie scientifique, solarisations, négatifs altérés par le feu, jeux de miroir – il semble que les surréalistes ont exploré toutes les possibilités de ce médium.

UNE CENTRALE ORTHODOXE
André Breton proclame l’avènement du surréalisme en 1924 dans le premier manifeste du mouvement. Il veut libérer la pensée de la domination de la raison. Très influencé par la théorie freudienne, il propose d’utiliser les manifestations inconscientes du psychisme comme sources de création. Les révolutions russe et allemande ne sont pas très loin, les partis communistes se développent, le fond de l’air est rouge en Europe! Les avant-gardes artistiques sont en quête de subversion, de désordre, de folie. Les premières avant-gardes (les dadaïstes, les futuristes, les constructivistes, les cubistes) étaient allées chercher une alternative au modèle de beauté hérité de la tradition classique dans les machines, les arts d’Afrique et d’Océanie, les imprimés populaires.

Dora Maar, "Vieille femme et enfant", 1935

Dora Maar, "Vieille femme et enfant", 1935

En 1928, dans La révolution surréaliste, Breton et Aragon célèbrent  le cinquantenaire de l’hystérie, « la plus grande découverte poétique de la fin du XIXe siècle ». Ils font des corps des femmes soumis aux crises d’hystérie une image de la « beauté convulsive ».