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Culture | 29.10.2009 - 09 h 40 | 1 COMMENTAIRES
Wendy Delorme raconte son Porn Film Festival de Berlin: de la double pénétration à la soupe de poulet!
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L'écrivaine et performeuse Wendy Delorme assistait à la quatrième édition du Porn Film Festival de Berlin, il y a quelques jours. Pour Yagg, elle livre ses impressions sur cet événement "friendly et familial, comme une bonne soupe de poulet"!

Familial, joyeux, ludique, le Porn Film Festival de Berlin [qui a eu lieu du 22 au 25 octobre dernier, NDLR] a tenu ses promesses cette année encore avec une programmation intelligente et décalée, malgré un budget serré, mais sans pour autant se serrer la ceinture…

Cette année, pas de soirée au LUX (le meilleur club de Kreuzberg), pas de Nachtbar (bar de nuit), pas de sex performances appointées par DJ Metzgerei, notre organisatrice préférée qui a pour signe distinctif le plus beau cul du monde et mixe de la techno minimale en string et bretelles de latex dans tous les bars branchés de Berlin.

Je m’étais dit, cette année, le Porn Film Fest, ce sera moins drôle que d’habitude. Parce que les années précédentes, soyons honnête, j’y allais pour la fête. Pour montrer mes seins à des filles ivres et danser jusqu’à l’aube couverte de paillettes, rencontrer backstage le nouvel amour de ma vie ou des trois prochaines semaines et peut-être voir un film, si j’ai le temps.

Qui va encore s’enfermer dans des salles noires pour regarder des films pornos quand on peut très bien le faire chez soi (plus facile pour se branler)? Parce que le porno c’est fait pour ça, non?

Certains disent que c’est de l’art, pourquoi pas. Je ne suis pas persuadée que le débat entre les limites de l’art et de la pornographie soit pertinent (cf. interview en fin d’article). D’autres disent que le porno, c’est politique.

Parce qu’il paraît que le porno c’est mal. Que c’est pervers, dangereux et qu’évidemment les filles qui font le choix du travail du sexe n’ont pas de libre arbitre, elles sont forcément soit des connes soit des victimes. Moi ce que j’observe surtout, c’est que le porno est une industrie dont les travailleurs n’ont pas le droit au respect ni aux mêmes droits sociaux que les salariés de France Télécom (l’entreprise française qui connaît un taux élevé de suicides sur le lieu de travail). Et je n’ai encore jamais entendu parler d’une actrice X qui se serait suicidée sur un tournage.

LUDIQUE, INTELLIGENT ET DÉCALÉ
Alors, parce que la sexophobie règne encore largement dans nos sociétés supposément libérées, que les travailleurs du sexe veulent du respect et que non le porno, ce n’est pas fait seulement pour se branler mais aussi pour apprendre des choses, rires et s’émouvoir ensemble, une équipe inébranlable s’est appliquée cette année à regarder des dizaines de films, pour une programmation ludique, intelligente et décalée. De Maria Beatty en passant par Ovidie, Catherine Corringer, Madison Young, Émilie Jouvet, Courtney Trouble et Todd Verow, les représentants du porno arty, mainstream, fetish, drôle ou éducatif, tout le monde était de la partie cette semaine, au Kino Moviemento dans Kreuzberg (le plus vieux cinéma de Berlin). Des centaines de personnes sont venues faire salle comble et applaudir à la soirée de clôture les Hungry Hearts, ces chanteuses déjantées d’Oslo qui ont créé le nouvel hymne lesbien de l’année:
httpv://www.youtube.com/watch?v=qaPYQWTZvYo
Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo ci-dessus, cliquez ici.

Et cette année au Porn Film festival, je ne me suis pas ennuyée. Je n’ai pas fait beaucoup la fête, je n’ai pas montré mes seins sur scène à des hordes de femelles ivres, j’ai regardé des films, dans une salle noire, sans me branler. J’ai assisté à une conférence (les universitaires étaient aussi de la partie) sur les technologies du sexe; on imagine peu à quel point le thème du « robot à bite » a inspiré les réalisateurs X des années 80! J’ai animé un atelier sur les sex toys et les jeux de rôles avec Judy Minx au cours duquel 25 personnes de toutes orientations sexuelles ont mis au point les scénarios les plus inattendus. Et j’ai regardé des films dans une salle noire, sans me branler, mais avec le plaisir de découvrir ou de revoir quelques perles, preuves en images que le porno peut-être extravagant, instructif ou onirique.

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LES réactions (1)
  • Par helene 31 oct 2009 - 11 H 36

    « Moi ce que j’observe surtout, c’est que le porno est une industrie dont les travailleurs n’ont pas le droit au respect ni aux mêmes droits sociaux que les salariés de France Télécom (l’entreprise française qui connaît un taux élevé de suicides sur le lieu de travail). Et je n’ai encore jamais entendu parler d’une actrice X qui se serait suicidée sur un tournage ».

    N’y-a-il pas un site consacré aux acteurs (et actrices?) qui
    se sont contaminés par le Sida sur des tournages? Il suffit de taper « anal sex » sur google et on est confronté à des myriades de filles qui se font sodomiser en série sans capotes. Ne mettons pas la sublime Maria Beatty dans le même sac que « ass traffic ». Y a-t-il seulement un syndicat des acteurs pornos?

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