Il existe une série de bouquins pour la jeunesse: « le livre dont vous êtes le héros ». Si vous êtes directement concernée, assister au colloque « Les assises du corps transformé » (dont en fait la plupart des communications avait trait au « transsexualisme »), les 16 et 17 octobre dernier, à la Faculté de Droit de Montpellier, c’est en devenir un peu l’héroïne.

La dernière fois où vous aviez assisté à ce genre de pow-wow c’était avec le Gat (Groupe activiste trans’), Act Up et des sympathisants pour obliger un autre colloque voué clairement au transsexualisme à intégrer un chercheur trans’ dans ses débats. Ils avaient préféré annuler la séance. Quelques années plus tard, la chose a avancé: on ne peut plus faire un colloque trans’ sans trans’. Trois femmes trans’ (où sont les hommes?) s’exprimeront dans le colloque du week-end dernier, à Montpellier. C’est un progrès.

COLLOQUE SYMPATHISANT
Avouons-le tout de suite, ce que nous avons pris – avec le collectif Pink Freak’X –  pour un colloque transphobe de plus (lire notre article) était un colloque sympathisant, avec des trans’, des transphiles, des chercheurs honnêtes et d’autres non, et quelques-uns issus des « équipes officielles », dont les jours sont menacés, il semble.

À la descente du train, Louis Dutertre m’a accueillie. C’est le seul garçon trans’ de Pink Freak’X, la remuante association queer de Montpellier qui avait sonné l’alarme sur ces « assises du corps transformé ». Avec lui Sylvia parle beaucoup aussi, une brune aux cheveux courts marrante et pète sec. Louis est le seul garçon trans’ visible de Montpellier, il en est plutôt fier. Il sait qu’il y a des femmes trans’ dans sa ville mais il n’est pas encore entré en contact avec elles. Suite à l’article de Yagg, Pink Freaks’X avait pris contact avec François Vialla, directeur du Centre Européen d’Etudes et de Recherches Droit et Santé et organisateur de ces assises. L’hostilité déclarée du début s’est teintée de nuances. Pink Freaks’X organise un petit contre-colloque de son côté. Nous remontons les avenues de Montpellier –  Dieu la belle ville avec ses maisons du XVIIIe! – vers la petite Faculté de Droit, en collant des affiches interpellant le colloque officiel. Arrivés devant la Faculté, pendant que nos monstres roses collent, une voiture débarque: celle de François Vialla qui vient vérifier un dernier point. Poignée de main de l’institution à la contestation, paroles… Je file pour redescendre vers la gare, j’ai un tramway à prendre.

Comme je l’ai dit avec le sourire à François Vialla, commencer un colloque à 8h45 me semble être de la transphobie caractérisée. Mais l’information des lecteurs de Yagg amène à tous les sacrifices. Accueil de monsieur le président de l’université, ouverture de madame le doyen de la Faculté de Droit, le public est varié. Beaucoup de jeunes, des vieux caciques, des chercheurs autour de la quarantaine, et une quinzaine de trans’ (un garçon trans’ planqué au milieu), les femmes trans’ mêlées au public dévorées du regard par la jeune assistance.