Dans un communiqué du 16 octobre dernier, l’Ardhis (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour) alerte l’opinion sur le cas de Nicole (prénom d’emprunt), demandeuse d’asile lesbienne camerounaise, persécutée dans son pays d’origine en raison de son orientation sexuelle et « privée par l’administration de moyens de subsistance depuis deux ans ».

IMBROGLIO ADMINISTRATIF
Le communiqué de l’Ardhis, qui raconte avec force détails l’histoire de Nicole, révèle un incroyable imbroglio administratif, symptomatique de la situation de nombreux demandeurs d’asile LGBT en France. Selon l’association, qui soutient Nicole dans ses démarches, celle-ci est « victime d’abus de pouvoir depuis le dépôt de sa demande d’asile début 2008 » et « se voit refuser ses droits sociaux inscrits dans la loi: hébergement et allocation mensuelle pour vivre ». « Insensibles à l’urgence et à la précarité de son quotidien, poursuit le communiqué, les administrations se renvoient les responsabilités ».

Ainsi les préfectures d’Arras et de Paris, quand elles ne refusent pas tout bonnement d’enregistrer la demande d’asile, se renvoient la balle et bloquent ainsi l’offre de prise en charge (OPC) – un hébergement et une allocation temporaire d’attente (ATA) versée par Pôle Emploi – pourtant prévue par la loi.

« STRATÉGIE DU CHRONOMÈTRE? »
L’Ardhis déplore « ce long et désolant ping-pong administratif et juridique » et pose la question: « derrière des pratiques kafkaïennes, une stratégie du chronomètre? ». Alors que la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) devrait statuer sur le cas de Nicole d’ici trois semaines, « l’Ardhis appelle toute personne à même de se faire d’une façon ou d’une autre l’écho de son cas, et plus largement de celui de nombreux autres demandeurs d’asile victimes de l’asymétrie de pouvoir entre eux et l’administration, à se manifester ».

Pour envoyer un mail à l’association, cliquez ici.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter en cliquant ici.