Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l’UMP a dénoncé dimanche dans un communiqué repris par l’AFP les propos « violents, misogynes et homophobes » du clip J’ai 40 meufs, du groupe de rap Truand 2 la Galère, propos qu’il estime être une « atteinte évidente à la dignité humaine et un appel à la banalisation de la violence ». Extraits: « Ma bite dans tes eins, sale pute […] J’ai 40 meufs et j’ai toujours la dalle, c’est Morsay j’nique la police municipale », « On va s’les serrer, t’es mort, sale p’tit pédé » ou encore « tous les pédés, les branleurs au cutter » (avec le geste joint à la parole).

Cette réaction fait suite à la demande vendredi dernier du SNPM (Syndicat national des policiers municipaux) que soient prises « des sanctions exemplaires à l’encontre de ces artistes de plus en plus nombreux à vomir par le biais de l’internet sur les forces de police« . Frédéric Foncel, vice-président du SNPM a réclamé des poursuites judiciaires et le retrait de la vidéo, affirmant que Morsay, le leader du groupe, devait être « interdit de scène et de site web » comme le rapporte le quotidien Metro.

« DOUBLE LANGAGE » DES HÉBERGEURS
Le clip en question est en effet disponible depuis plusieurs mois sur des sites de partage comme YouTube (au moment où nous écrivons ces lignes, il est visible notamment ici). Ce qui fait dire à Dominique Paillé que « l’absence de réactions des hébergeurs et autres sites de diffusion de vidéos ou clips est préoccupante et doit trouver une réponse politique. Les responsables des sites concernés ne peuvent continuer à ignorer de tels agissements et à pratiquer le double langage, entre l’application de règles de bienséance et l’abandon de toute responsabilité face à leurs utilisateurs ».

[Mise à jour à 16h35] Dans un communiqué publié aujourd’hui, le Collectif contre l’homophobie déclare avoir saisi les ministres de l’Intérieur et de la Justice. « Eu égard au trouble manifeste et permanent à l’ordre public que crée la diffusion de ce clip, annonce le communiqué, nous avons saisi ce jour l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication, service dépendant de Direction centrale de la Police Judiciaire du ministère de l’Intérieur afin qu’il mette tout en œuvre en vue d’obtenir le retrait de ce clip de tous les sites internet et de poursuivre par tous les moyens existants les auteurs et les diffuseurs de ce clip. Nous avons également saisi M. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur et Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice en leur indiquant que nous souhaitons l’ouverture de poursuites judiciaires contre Morsay et les autres chanteurs du groupe Truand 2 la galère; poursuites auxquelles nous nous joindrons volontiers en qualité de partie civile. » Et de conclure: « la liberté d’expression ne saurait autoriser l’apologie de la haine et l’incitation au meurtre ».

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