Le match de gala contre toutes les discriminations aura bien lieu, avec ou sans l’équipe de Créteil Bébel. Après l’annonce de Ian Brossat lors d’un point presse hier, Pascal Brethes, président de Paris Foot Gay (PFG), avait envoyé un mail disant « ne pas être en mesure de confirmer la tenue du match de gala telle qu’annoncée ce jour par Ian Brossat ». Joint par téléphone, il a finalement confirmé que la rencontre aurait lieu: « il y a eu un malentendu entre lui et moi, Paris Foot Gay a proposé le match à Créteil Bébel qui devait se réunir hier avec leur avocate mais nous sommes sans nouvelles ». Selon Pascal Brethes, « s’ils avaient réellement souhaité faire ce match, ils nous auraient recontactés avant ». Et conclut avec déception, « nous leur avons tendu la main, tant pis pour eux. »

Un collaborateur de Ian Brossat nous a précisé cet après-midi que le président du groupe communiste au Conseil de Paris « prenait toute ses responsabilités » sur cette annonce prématurée. « Une proposition a été faite à l’équipe de Paris Foot Gay de leur mettre à disposition un stade, ils sont aujourd’hui encore en discussions avec Créteil Bébel, c’est à eux de régler ça ». Ian Brossat déposera sa demande au prochain Conseil de Paris qui a lieu lundi, mais « le stade Charlety a d’ores et déjà été réservé le 14 novembre pour que le match contre toutes les discriminations ait lieu ». Le Conseil de Paris actera.

S’il n’est donc pas encore sûr que des joueurs de Créteil Bébel participent à ce match, Pascal Brethes nous a éclairés sur la composition de l’équipe de personnalités: outre Vikash Dhorasoo et Lilian Thuram, Omar et Fred de Canal+ devraient en être, ainsi que des associations comme Ni Putes Ni Soumises, qui a apporté son soutien à Paris Foot Gay, ou encore SOS homophobie et SOS Racisme. Les incontournables Grolandais et le PSG seront également de la partie. Ce sera aussi l’occasion pour l’association d’inviter la Fédération française de football (FFF) à signer la Charte contre l’Homophobie, après le communiqué dans lequel elle réaffirmait « sa détermination à lutter, chaque jour et sur tous les terrains, contre toutes les formes de discrimination et bien sûr contre l’homophobie » (lire notre article).

RETOUR SUR L’EXCLUSION DE CRÉTEIL BÉBEL
Depuis le début de cette histoire, Brahim Naït-Balk, l’entraineur de Paris Foot Gay, s’est toujours dit en « faveur d’un dialogue, plus que pour une sanction ». Alors que la Commission Football Loisirs a décidé d’exclure l’équipe de Créteil Bébel (lire notre article), il juge « compréhensible qu’elle tranche ainsi, le comportement qu’a eu Créteil Bébel est une forme de violence au même titre que des insultes racistes, le club mérite cette sanction ». Il redoute cependant que « les gens ne comprennent pas la pénalité et [que] l’exclusion entretienne la haine ». Pour lui, Créteil Bébel s’est « rendu compte de son erreur, qu’il était allé trop loin » et cette affaire « aura permis de montrer que le Paris Foot Gay n’est pas un ghetto communautariste ».

[Mise à jour, 17/10/2009, 13h40] Selon un nouveau communiqué de Paris Foot Gay, les joueurs de Créteil Bébel auraient refusé de participer au match contre les discriminations: « Le signe aurait été fort en direction de tous ceux qui prônent le refus de la différence. Ce refus, après plusieurs jours de silence et de signes contradictoires, en dit long sur les raisons profondes qui les avaient conduit à refuser de joueur contre nous un simple match de football. Nous prenons donc acte du désir des joueurs de Créteil Bébel de retourner au plus vite dans l’anonymat qu’ils n’auraient jamais dû quitter et de ce fait nous ne jouerons pas de match, ensemble, contre toutes les formes de discriminations. Nous le regrettons très sincèrement. »

« Nous pensions que le dialogue pouvait faire évoluer les mentalités: c’est, et ce sera toujours, notre façon d’agir, la justice n’interviendra que si le dialogue n’est plus ou pas possible, poursuit Paris Foot Gay. Nous ne porterons pas plainte au pénal comme nous l’avions un temps envisagé. Nous avons toujours privilégié le dialogue à la haine, la fraternité à la rancune. Cette malheureuse histoire aura au moins eu pour mérite de pointer du doigt le problème de l’homophobie dans le football, et de libérer la parole. »

Et la suite? « Nous attendons maintenant des différents acteurs du football français, et notamment de la FFF, qu’ils nous reçoivent et discutent avec nous, pour que la lutte contre l’homophobie soit enfin prise en compte, au même titre que le racisme ou l’antisémitisme. Nous donnons également rendez-vous à la FFF, à notre secrétaire d’État, Rama Yade ou encore à tous les clubs, professionnels ou amateurs qui souhaiteraient venir signer la Charte contre l’homophobie, à l’occasion de cette rencontre évènement, au stade Charléty. Nous remercions toutes celles et tous ceux qui nous ont témoigné leur soutien ces dernières semaines, que ce soit des anonymes, des politiques ou des associations reconnues comme Ni putes ni soumises, SOS Racisme, le MRAP, la Mairie de Paris, le groupe du Parti communiste au Conseil de Paris, la secrétaire d’Etat aux sports, Rama Yade, la Ville de Créteil, la Ligue de Football Professionnelle et son président Frédéric Thiriez, la Fédération Française de Football, SOS homophobie, l’Inter-LGBT, la Commission Football Loisirs, Vikash Dhorasoo, le Paris Saint-Germain…  et tous ceux que nous oublions ! »

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