Elle n’était pas bien loin. Dauphine de Dinara Safina, Serena Williams passe devant la joueuse russe et commence ce lundi sa 73e semaine en tête du classement mondial de la WTA. C’est la quatrième fois que la championne américaine s’installe à la première place qu’elle avait occupée pour la première fois en 2002. L’occasion pour nous de vous parler de On The Line, une autobiographie sortie début septembre (la VF est parue chez Michel Lafon avec pour titre Sur la Ligne).

Les fidèles de Yagg savent que nous aimons Serena Williams pour son jeu incandescent, sa gniaque sur le court, et cette façon gourmande d’envisager la vie, entre la mode, les voyages et son sport. On The Line, donc: l’apprentissage de la vie et du tennis, dans une banlieue dure de Los Angeles, au début des années 1980, petite dernière d’une famille de cinq sœurs (dont l’une, Yetunde, est morte dans une fusillade, en 2003), sous la houlette de leur père Richard et d’Oracene, leur mère.

UNE FEMME D’HONNEUR
Le livre pourrait tenir du cliché: un personnage américain, une success story faite de bas et, bien sûr, de hauts. Ce qui le sort d’une certaine banalité, c’est la façon dont il est écrit. Serena se raconte plutôt bien. C’est simple, assez drôle par moments, mais aussi très habité. Outre les matches, la rage de vaincre, Serena Williams parle de sa condition de femme afro-américaine aux États-Unis, du racisme: elle raconte la finale d’Indian Wells, en 2001, match remporté sous les huées. La veille, Venus avait été contrainte de déclarer forfait avant la demi-finale qui devait l’opposer à sa sœur. Serena raconte le point d’honneur qu’elle a mis à gagner ce tournoi, et le point d’honneur qu’elle met à ne pas y retourner. Une question de principe, tout simplement.

Serena aborde sa relation avec Venus, dite V, adversaire – et quelle adversaire! – mais aussi partenaire de double sur les courts et sœur incroyablement proche, attentive, n’hésitant pas à inscrire Serena à l’université… Venus et Serena vivent ensemble en Floride. Sa famille, et la religion qui prend une grande place dans sa vie: elle est témoin de Jehovah.

Et toutes les observations et anecdotes qui rythment une vie de championne. On aime Serena pour cette façon qu’elle a de citer Beyoncé, de regarder des épisodes de Superman, de considérer que parler de ses faiblesses c’est se rapprocher trop près de la kryptonite. La façon dont elle aime être une fashonista, sa première blessure en 2003, contractée en dansant en talons sur un dance floor de Los Angeles. Tellement Serena.

CE QUI FAIT UNE CHAMPIONNE
On aime son enthousiasme et sa patate sur un court. À ce titre, les notes d’avant-match d’encouragements rageurs écrits sur un carnet, et retranscrites à l’orée de chaque chapitre, sont édifiantes. Son analyse de joueuse de tennis est lucide, simple. Elle l’a résumée en conférence de presse aux Internationaux des États-Unis: « Je pense que ce qui fait un champion, ce n’est pas tant la qualité de ce qu’il fait. C’est la manière dont il peut rebondir quand il tombe, ou s’il tombe ». Déclarations comme prémonitoires avant cette demi-finale où elle avait été battue sur un point de pénalité après s’en être prise à une juge de ligne. Serena Williams est sous le coup d’une enquête disciplinaire et devrait connaître la sanction avant la fin de l’année. Elle pourrait être suspendue pour un ou plusieurs tournois du grand chelem: « Je pense avoir compris la leçon, je ne recommencerai plus jamais », a déclaré Serena au tournoi de Pékin. Elle a aussi expliqué qu’elle n’était pas très « fière » d’elle. C’est aussi pour cela que nous l’aimons: pas parfaite. Juste humaine.

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