Dans le monde entier, des sportifs, homos comme hétéros, se mobilisent contre l’homophobie, luttant contre les idées fausses. La haine, sous toutes ses formes, n’est pas une fatalité. Un bon moyen de l’endiguer, de la voir disparaître: l’é-du-ca-tion. À chaque fois qu’un-e athlète, de haut niveau ou non, fait son coming-out, à chaque fois qu’un-e athlète, homo ou non, s’exprime dans un média LGBT, c’est une action contre l’homophobie. Après une semaine rythmée par l’affaire Paris Foot Gay (lire nos articles ici, ici, et ), voici quelques exemples parmi tant d’autres.

Football. La Charte contre l’homophobie dans le football rédigée par le Paris Foot Gay a été signée par la Ligue de football professionnel (LFP), en 2008, et par deux clubs de Ligue 1: le PSG, qui soutient le Paris Foot Gay, et Auxerre, auxquels on peut ajouter Nice, Monaco et Saint-Étienne qui se sont engagés à le faire. Cinq clubs sur vingt? Encore un effort.

Cette charte contre l’homophobie, quelle est-elle? Parce que ça va mieux en le lisant, la voici:
1. Prendre en compte et reconnaître de manière explicite l’homophobie en tant que discrimination;
2. Dénoncer et prendre les sanctions adéquates contre toute attitude homophobe, qu’elle se manifeste par un comportement discriminant, par des agressions verbales ou physiques, ou par des propos insultants en raison de l’orientation sexuelle réelle ou supposée;
3. Promouvoir la diversité dans le milieu du football et assurer la diffusion de messages sur la tolérance, le respect et la dignité, en incluant systématiquement l’orientation sexuelle et la lutte contre l’homophobie;
4. Apporter aide et soutien aux joueurs, entraîneurs ou autres personnes évoluant dans le milieu du football qui pourraient être harcelés, insultés ou mis à l’écart en raison de leur orientation sexuelle;
5. Mettre en place un module éducatif sur la lutte contre les discriminations, y compris l’homophobie, à destination de tous les acteurs du football amateur ou professionnel: un éducateur ou un entraîneur se doit d’empêcher ou de faire empêcher toute forme de discrimination et doit par conséquent y être préparé;
6. Veiller et réagir à chaque signe d’homophobie, et en référer régulièrement aux associations concernées afin de constater l’évolution des comportements dans le milieu du football et d’ajuster les actions à entreprendre.

Paris Foot Gay est également à l’origine du clip Olivier, cofinancé par la LFP, qui dénonce l’homophobie dans le foot.

Au Royaume-Uni, la Football Association, la fédération anglaise de foot, a inclus la lutte contre l’homophobie dans la liste des discriminations qu’elle entend combattre, au même titre que le racisme ou le sexisme. Ian Watmore, son directeur général, l’a encore répété dans un entretien au Times publié le 2 octobre.

Hockey sur glace. En septembre, elles ont obtenu une distinction de leur province, le New Brunswick, pour s’être levées contre l’homophobie. L’équipe de hockey du lycée de Woodstock s’est mobilisée pour soutenir deux des siennes qui avaient fait leur coming-out. Cela peut paraître insensé, mais voilà, une fois les deux filles sorties de leur placard, elles ont eu du mal à être servies au fast food local, et des adversaires n’ont plus voulu leur serrer la main. L’équipe a décidé de porter des badges couleurs arc-en-ciel avec le mot homophobie barré. Joueuses, entraîneurs, parents, proches se sont joints à eux.

Rappelons aussi le témoignage d’Eddy Ferhi, le gardien des Brûleurs de loup de Grenoble, sur l’homosexualité dans le sport. Sur la banalisation des insultes homophobes ou sur l’avenir. Un témoignage sincère. Et si tous les sportifs de haut-niveau se mettaient à en parler?

Rugby. Une image vaut mille mots. En Australie, les Wallabies, l’équipe nationale, participent à une campagne contre l’homophobie (photo ci-dessus et lire notre article). Et que Ben Cohen pose pour le magazine gay Attitude, qui en profite pour faire un point sur l’homophobie dans le sport, n’est pas anodin non plus (lire notre article). Pas plus que la publication en 2004, par l’ancien international Serge Simon, d’Homophobie France 2004, une sélection des lettres haineuses qu’avait reçues Noël Mamère à la suite du mariage de Bègles.

Natation. Début 2009, Matthew Mitcham, le champion olympique de plongeon 2008, fait la couverture de The Advocate (lire notre article). Un champion olympique ouvertement gay, ce n’est pas juste un symbole.

Tennis. En vivant sa vie au grand jour, Amélie Mauresmo contribue, elle aussi, à la visibilité de l’homosexualité. Comme Martina Navratilova, même si elle brouille parfois le message. N’oublions pas non plus Billie Jean King, la première grande sportive à assumer son homosexualité, bien qu’elle n’ait pas choisi elle-même de la révéler.

Prise de conscience après prise de conscience, le « oh hisse enculé » trop souvent entendu lors des matches de foot finira bien par sembler totalement ringard.

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