C’est une histoire de temps qui passe: Amélie Mauresmo a annoncé jeudi, sur son site officiel, qu’elle renonçait à disputer les deux derniers tournois de la saison, à Linz et Luxembourg. Ici, pas de blessure, une simple constatation: « Depuis mon retour de l’US Open, j’ai essayé de m’entraîner, mais je n’ai pas retrouvé l’envie de reprendre la compétition », explique-t-elle. « Je ne souhaite pas me précipiter ni forcer les choses. » Elle devance la question qui sonne comme une évidence: « Je me laisse encore le temps de la réflexion avant de prendre une décision pour la suite de ma carrière ». C’est dit.

Championne du monde junior 1996, entrée dans la cour des grandes en 1997, première de la classe WTA en 2004, championne des Internationaux d’Australie et de Wimbledon en 2006, victorieuse de 25 titres sur le circuit, Amélie Mauresmo, aujourd’hui 20e mondiale, est à l’hiver de sa première vie, celle de sportive. À 30 ans, elle en a fini avec une saison 2009 au cours de laquelle deux représentantes de la génération 1979, Émilie Loit et Nathalie Dechy, ont raccroché, laissant Amélie la seule de cette prestigieuse cuvée.

Pour elle, 2009 aura été pétrie de hauts et bas. Un troisième tour en Australie, une belle victoire très émouvante à Paris en février, comme ce superbe baroud de championne, en avril – elle avait été l’héroïne de la victoire contre la Slovaquie pour permettre à la France rester dans le groupe mondial de Fed Cup. Après avoir remporté ses deux matches en simple, elle avait apporté le point de victoire en double avec Nathalie Dechy. Puis un premier tour à Roland Garros, un huitième de finale à Wimbledon. L’été américain s’annonçait bien, Amélie Mauresmo s’était hissée en demi-finale du tournoi de New Haven… avant de s’en aller dès le deuxième tour des Internationaux des États-Unis.

Sur son site, aujourd’hui, elle parle d’envie, de plaisir de jouer. Ce jeudi soir, on a un peu plus conscience du temps qui passe.

Envie de plus d’infos Yagg? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter en cliquant ici.