Attention, événement! À l’occasion des 20 ans d’Act Up-Paris, Le Cabaret des hommes perdus (voir extrait ci-dessous), le spectacle musical de Christian Siméon (livret et lyrics) et Patrick Laviosa (musique), mis en scène par Jean-Luc Revol, donnera une représentation exceptionnelle le lundi 28 septembre, au Bataclan, à Paris. Créé en 2006, ce musical cultissime a joué à guichets fermés au Théâtre du Rond-Point, avant de transférer à la Pépinière Opéra, de rafler le Molière du meilleur spectacle musical (damant le pion à Cabaret par la même occasion) et celui du meilleur auteur pour Christian Siméon, et de partir en tournée dans toute la France.

L’histoire de ce Cabaret démarre quand Dicky, poursuivi par des casseurs de pédés, trouve refuge dans un lieu étrange où il fera des rencontres qui changeront le cours de sa vie. De fil en aiguille, le jeune mec, paumé mais doté d’un organe aux dimensions peu communes, se retrouve acteur porno dans le milieu gay, alors qu’il rêvait de Broadway et d’Hollywood.

LIBERTÉ DE TON JOUISSIVE
De l’impertinence, de la provocation, mais aussi de l’émotion et des larmes, dans ce Cabaret, à la légèreté succède le drame, au kitsch la tristesse. Mais ce qui frappe avant tout, c’est la liberté de ton dans l’écriture: une liberté jouissive et exaltante qu’on a  rarement l’occasion de voir. Une chanson sur le porno gay qui cite allégrement Falcon, Cadinot et Bel Ami? Oui, c’est bien dans Le Cabaret des hommes perdus. Et c’est particulièrement jubilatoire. Une chanson où un trav’ rêve d’aller casser de l’hétéro? Idem.

Et si on aurait pu craindre un sujet qui ne parle qu’aux gays, il n’en est pourtant rien. La grande force du Cabaret des hommes perdus est son universalité. Le parcours tragique de cette pornstar malgré lui n’est qu’une sublime métaphore du destin et des choix décisifs qu’un individu est amené à faire, à des moments donnés de sa vie.

PARTITION D’UNE GRANDE FINESSE
Pour accompagner cette histoire, Patrick Laviosa a composé une partition d’une grande finesse, passant avec bonheur du comique (les numéros virtuoses de Denis D’Arcangelo) au poignant (le sublime Dicky’s Aria), et multipliant les clins d’œil (des références à l’univers de Jacques Demy, à l’opérette ou encore à La Petite boutique des horreurs, Dreamgirls ou Starmania). Enfin, la distribution n’est pas en reste: Alexandre Bonstein incarne un Dickie vulnérable et attachant. Sinan Bertrand est Lullaby, une créature fabuleuse… mais écervelée. David Macquart est la présence sexy et virile. Quant à Denis D’Arcangelo, il est un maître de cérémonie vibrant d’une verve inégalable, incarnant une figure truculente et trouble à la fois.

Cette représentation au profit d’Act Up-Paris à l’occasion des 20 ans de l’association, s’annonce déjà unique dans tous les sens du terme. Spectacle exceptionnel pour occasion exceptionnelle: une soirée à ne pas manquer!

Stéphane Ly-Cuong

Photo: Philippe Lacombe

Le Cabaret des hommes perdus, le 28 septembre 2009, à 20h, au Bataclan, 50, boulevard Voltaire, 75011 Paris. Réservations au 0 892 68 36 22 (0,34€/mn) et sur fnac.com. Tarif unique: 43€.

Extrait du spectacle:
httpv://www.youtube.com/watch?v=puzXi2nqLa4
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