En matière d’information sur le sida, les médias ont souvent fait preuve d’un optimisme démesuré, surtout dans les premières années de l’épidémie. C’était une époque où la médecine et les chercheurs étaient tout puissants et où l’éradication de grandes maladies (variole, polio) étaient dans tous les esprits.

C’est pour cela qu’en 1984, lorsque les Américains, un an après Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier de l’Institut Pasteur, annoncent qu’ils viennent de découvrir à leur tour l’agent causal du sida, le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), les journalistes les mieux intentionnés commencent à crier victoire. Comme dans ce reportage d’Antenne 2, lancé par Bernard Rapp avec ces mots: « le sida serait en passe d’être vaincu » et où Martine Allain-Régnault conclut en affirmant qu’on « voit le bout du tunnel ».

On connaît la suite. Depuis 25 ans, le sida a tué plus de 25 millions de personnes dans le monde et les traitements qui sauvent la vie des malades au Nord ne sont accessibles qu’à une infime minorité des millions de malades des pays pauvres. Au lendemain de l’annonce par une équipe américano-thaïlandaise de l’efficacité d’une préparation vaccinale (lire notre article), qui permet de réduire d’un tiers le risque d’infection par le VIH, il faut garder en mémoire que la recherche va toujours moins vite que les médias.

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