Le festival international du film de Toronto s’achève demain et on se mord les doigts d’être de ce côté-ci de l’Atlantique. Comme chaque année, la programmation du festival s’est avérée riche et surprenante, mélangeant les films de « maîtres », les nouveaux venus, les documentaires sur des jumelles lesbiennes yodleuses chanteuses de country et les films sud-coréens bizarres avec des bébés mangeurs de poules.

LES HABITUÉS
François Ozon a proposé en première mondiale son nouveau film Le Refuge, avec Isabelle Carré et Melvil Poupaud, mais ça ne parle pas d‘une association de Montpellier, et Claire Denis est présente comme chaque année avec White Material, où elle dirige pour la première fois Isabelle Huppert. Joao Pedro Rodrigues (O Fantasma, Odete) a montré son intriguant Morrer Como Um Homem (Mourir comme un homme) qui raconte les aventures d’une trans’ dans une forêt enchantée. Todd Solondz est de retour avec Life During Wartime, avec Charlotte Rampling, une collaboration qui permet d’imaginer un film plein de bonne humeur et de légèreté (c’est aussi avec Allison Janney et Ally Sheedy, ce qui nous emplit de joie). Des rapporteuses disent que ça chauffe entre Julianne Moore et Amanda Seyfried dans Chloe, le nouveau film d’Atom Egoyan qui est un remake du Nathalie d’Anne Fontaine. Enfin, Oliver Parker s’est attelé à une adaptation du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde. Vous savez, l’histoire d’un jeune gay parisien qui découvre le botox (lol):

httpv://www.youtube.com/watch?v=dY93VUQSMo4

DES DOCUMENTAIRES ALLÉCHANTS
Au programme de la sélection documentaire Real to Reel, L’enfer de Henri Georges Clouzot qui raconte l’histoire, séquences inédites à l’appui, du film que le réalisateur français tournait pour Hollywood avec Romy Schneider avant de voir la production stoppée nette pour cause de « le réalisateur a cramé tout le budget en expérimentations visuelles ». On aimerait aussi voir Google Baby qui pourrait créer la polémique en racontant comment un couple gay israélien a eu recours aux services d’une mère porteuse en Inde avec un ovocyte venu des États-Unis. Mais c’est surtout Topp Twins qui nous excite, un documentaire sur la vie des fameuses jumelles lesbiennes yodleuses chanteuses de country dont on vous parle tout le temps:

httpv://www.youtube.com/watch?v=HtSDaOscM_I

LES CURIOSITÉS
Le retour du style Russ Meyer est-il une bonne nouvelle? Ma collègue me fout une tarte et me hurle « y’a Lucy Lawless dedaaaans!« , et elle se griffe les seins. C’est Bitchslap, de Rick Jacobson. Bollywood passe au transgenre light avec My Heart Goes Hadippa d’Anurag Singh, l’histoire d’une fille qui s’habille en garçon pour pouvoir jouer au cricket. Personnellement, le film japonais Symbol, sur un type coincé dans une pièce blanche dont les murs prennent la forme d’angelots en plâtre suscite ma curiosité perverse, quant à Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen avec Anna Mouglalis, je me dis qu’on est peut-être passé de la mode du biopic à celle du biopic & biopic, et ça ne peut être qu’une mauvaise nouvelle & une mauvaise nouvelle.

UN SCANDALE!
Un festival avec des scandales ce n’est pas un festival canadien! Pourtant cette année le réalisateur gay John Greyson (Zero Patience, Lilies) a semé la zizanie en retirant son court métrage de la compétition pour protester contre l’hommage au cinéma de Tel-Aviv qui était programmé. En échange, il a posté son film Covered sur Vimeo, disponible gratuitement pendant toute la durée du festival. Et ça tombe bien, c’est un documentaire qui revient de manière très originale sur les attaques contre le Queer Festival à Sarajevo l’an dernier; vous avez donc jusqu’à demain pour le regarder, même si vous aussi, vos employeurs ont eu la cruauté de vous laisser regarder Toronto de loin:

Covered from John Greyson on Vimeo.
Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo ci-dessus, cliquez ici.

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