Une « prise de position publique, non contradictoire, partiale, dans une enquête inachevée d’un procureur de la République ». C’est en ces termes que, dans un communiqué intitulé « La suppression du juge d’instruction c’est déjà demain: exit la justice, place au petit chef! », l’avocate Caroline Mecary parle des déclarations du procureur de la République de Melun, Serge Dintroz, dans l’affaire de l’agression d’un couple gay la semaine dernière.

« Marcel X. et son ami Alexandre Y. ont été victimes dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 septembre 2009 d’une grave agression par au minimum deux individus non identifiés à ce jour », rappelle l’avocate, qui représente Marcel X. « Les individus ont pénétré la nuit dans leur appartement, dont les clés avaient été volées quelques jours auparavant; les agresseurs après avoir mis les deux victimes hors d’état de se défendre et fouillé l’appartement, ont découvert leur homosexualité et les ont alors tous deux aspergés de produits détergents corrosifs. Les deux hommes sont brûlés: Alexandre Y au troisième degré est actuellement dans un hôpital et doit être greffé, Marcel X a pu quitter les services de l’hôpital. »

Le procureur de la République, s’étonne Me Mecary, a « cru devoir mettre publiquement en doute la véracité de l’agression, alors même que les services de police n’ont pas bouclé l’enquête et n’ont procédé à aucun placement en garde à vue. » Les propos rapportés par L’Express.fr (que nous citions ce matin) et un entretien accordé au Post font en effet état d’un « montage » et d’une « agression simulée ».

« DOUBLEMENT VICTIME »
Selon Me Mecary, « Marcel X., présenté comme suspect, conteste les assertions graves du parquet à son égard et rappelle qu’il est doublement victime: une première fois à raison de l’agression d’une particulière violence et dont il porte les stigmates physiques par les brûlures qui couvrent son corps une seconde fois en raison de la particulière légèreté du parquet dans sa prise de parole partielle et partiale ».

Et de conclure: « En second lieu et au-delà de cette affaire, il y a lieu de dénoncer cette prise de position publique, non contradictoire, partiale, dans une enquête inachevée d’un procureur de la République. Une telle attitude aujourd’hui fait craindre le pire pour demain puisque ce même procureur de la République est pressenti pour remplacer le juge d’instruction: exit la présomption d’innocence, exit le respect du principe du contradictoire, exit l’égalité des armes entre les parties, exit la Justice. »

Caroline Mecary est membre du comité de direction de LGNET, la société éditrice de Yagg.

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