L’enfant terrible du cinéma gay porno, Bruce LaBruce, est à Paris cette semaine. L’Étrange Festival, rendez-vous incontournable du cinéma bis et bizarre (jusqu’au 13 septembre, au Forum des images, à Paris), lui offre une carte blanche. Rencontre avec l’autoproclamé « Reluctant Pornographer » (voir ci-dessus).

STYLE « POPCORE »
Punk, provocateur, sexuel (tabous, pulsions, obsessions sont ses dadas) et politique: le style « popcore » du réalisateur canadien Bruce LaBruce ne fait pas dans la dentelle. Depuis son premier long métrage (No Skin Off My Ass, 1991), sa radicalité débridée s’attaque avec art et (auto)dérision au capitalisme consumériste, à l’hétéro-fascisme mou et aux clichés queer/gay. Sur fond de comédie trash, de B.O. ultra clipée et de pornographie crue ou esthétisée. Sans oublier un goût certain pour la mise en abyme et la métatextualité: film dans le film, passage soudain au noir et blanc, musique inappropriée greffée sur une scène X, romantisme décalé, références foisonnantes à des classiques détournés. Le fameux Hustler White (1996) parodiait l’intrigue de Boulevard du crépuscule de Billy Wilder; The Raspberry Reich (2004) moquait l’activisme d’extrême gauche (type Bande à Baader ou théoriciens queer) à travers la guérilla d’un groupe de terroristes sexuels anti-culture hétéro.

ZOMBIES
En 2008, Bruce LaBruce s’amourache des zombies, ces nouveaux héros (métaphore de la marginalité, de notre humanité déboussolée) popularisés par le retour des vampires (Twilight, la série True Blood, la « Bit-Lit »). Il réalise Otto; or, Up with Dead People, délicieuse fable moderne (sexuellement soft mais tellement drôle) qui suit la dérive berlinoise d’Otto, un zombie teenager mélancolique. Et récidive avec L.A. Zombie, un vrai porno cette fois-ci où la french icône au scalp tatoué François Sagat incarne un zombie alien SDF (sortie prévue à l’automne).

Etaïnn Zwer

À ne pas rater, au programme de l’Étrange Festival cette semaine:

  • Vampyres, de Laurent Courau, 2009, France, documentaire. Une plongée choc dans la subculture « vampyrique » et une étude glaçante sur les nouveaux codes de l’occultisme moderne. Vendredi 11 septembre, 21h30, salle 100.
  • District 9, de Neill Blomkamp, 2009, USA, SF. Des extraterrestres réfugiés clandestins sur Terre se voient parqués dans le camp de District 9 à Johannesburg. La situation dégénère. Un projet mystérieux produit par Peter Jackson, qui adore les « documenteurs ». Samedi 12 septembre, 19h30, salle 500.
  • L’homme-femme, de Tatsumi Kumashiro, 1977, Japon, érotique. Toshio, fils de PDG à la vie sentimentale proche de zéro, rencontre un yakuza qui l’initie aux plaisirs homosexuels. Il en tombe amoureux, se travestit et s’installe chez lui. Devenu sa maîtresse, il découvre un monde nouveau. Samedi 12 septembre, 20h, salle 300.

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