À Perpignan, jusqu’au 13 septembre, se déroule le Festival international de photojournalisme Visa pour l’Image. Le paradoxe est que dans le monde multimédia d’aujourd’hui, qui a rarement consommé autant d’images sur une aussi grande variété de supports, la photo de journalisme ne se porte pas très bien. Une des meilleures agences, Gamma, s’apprête à externaliser sa production, comme on dit pudiquement, c’est-à-dire à ne plus employer de photographes permanents.

Certes, la photographie professionnelle est désormais concurrencée dans l’actualité par le simple citoyen. Nous pouvons tous avoir un jour la chance d’être « au bon moment » pour capter avec notre téléphone portable le début d’un « incident » dans nos banlieues ou l’impact des deux avions dans les Twin Towers le 11 septembre 2001.

Mais l’irruption du citoyen dans la couverture de l’actualité n’est pas la cause de la crise de la photographie d’actualité professionnelle, tout comme internet et les blogs obligent les médias à se renouveler, mais ne sont pas les seuls à blâmer pour la désaffection relative de leurs publics.

Dans une remarquable interview, le journaliste Omar Ouahmane (France Culture, Prix de la Fondation Varenne et Grand Prix du reportage Radio France en 2008) interroge le directeur et fondateur de Visa pour l’Image, Jean-François Leroy, sur les raisons d’une crise qui pourrait mettre à mal un des fondements de la liberté de l’information. À écouter ci-dessous et, pour ceux qui tiennent au vrai droit à l’image, à juger par eux-mêmes à Perpignan.

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Jean-Paul Cluzel

Jean-Paul Cluzel est associé de LGNET, la société éditrice de Yagg.

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