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Culture, Musique, Société | 31.08.2009 - 15 h 48 | 21 COMMENTAIRES
Quand Whitney Houston était outée par des activistes lesbiennes
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Le jour de la sortie mondiale du nouvel album de Whitney Houston, il est bon de rappeler que la chanteuse fut en 1991 la cible de la première campagne de outing orchestrée par le mouvement LGBT aux États-Unis.

Whitney Houston avait été outée comme lesbienne! Lorsque j’ai lancé ça pendant une réunion où l’on parlait de la sortie de son nouvel album, I Look To You – aujourd’hui dans les bacs –, les autres membres de l’équipe de Yagg m’ont ri au nez. C’est vrai que j’ai l’habitude, comme Harvey Fierstein, de voir des gays et des lesbiennes partout. Mais dans le cas précis de la chanteuse américaine, j’avais très clairement en tête ces affiches placardées dans les rues de New York, début 1991, et qui outaient un certain nombre de personnalités, dont l’interprète de I Wanna Dance with Somebody.

La rumeur avait enflé pendant les années 80: on racontait que Whitney avait eu une relation intime avec son assistante, Robyn Crawford. La presse à scandales en faisait ses choux gras. Et la communauté gay, dont Whitney Houston était la diva assoluta, eu vite fait d’inclure cette dernière dans la bande. Comme le rappelle Larry Gross, dans son essai sur le outing (Contested Closets: The Politics and Ethics of Outing), vouloir que les personnalités les plus populaires soient gays ou lesbiennes fait partie de la culture gay: face à l’invisibilité et au secret, les homos façonnent une communauté fière et puissante. Madonna ne s’y est pas trompée, qui n’a pas hésité à alimenter les rumeurs sur ses relations lesbiennes, pour le plus grand bonheur de son gay fan club… et de son compte en banque.

LA TACTIQUE POLITIQUE DU MOMENT
Aux débuts des années 1990, le outing devient aux États-Unis la tactique politique du moment. En grande partie parce que la crise du sida fait rage. De nombreux activistes comme Armistead Maupin, Larry Kramer et Vito Russo considèrent alors que les gays et les lesbiennes doivent sortir du placard et se battre contre l’épidémie. Celles et ceux qui ne le font pas en deviennent les complices. Le outing, forcément provocateur, était à leurs yeux justifié par cette urgence.

C’est dans ce contexte qu’en mars 1990, Au Courant (sic), le magazine gay de Philadelphie, publie une enquête sur le outing avec une liste de 39 noms parmi lesquels figurent Calvin Klein, John Travolta, Debbie Reynolds et… Whitney Houston. Et au début de l’année 1991, on voit fleurir sur les murs de Manhattan des photocopies format A4, avec des visuels et un design utilisant l’univers graphique des campagnes de la vodka très gay-friendly Absolut, montrant le visage en gros plan de personnalités et ce slogan: « Absolutely Queer ». Aux côtés de Whitney Houston, on pouvait voir entre autres les photos de Tom Selleck, John Travolta, Debbie Reynolds et Jodie Foster (avec cette mention pour cette dernière: « Oscar Winner. Yale Graduate. Ex-Disney Moppet. Dyke. »). Le groupe Outpost, à l’origine de la campagne, avait pris soin de publier aussi les photos d’hétéros (Mel Gibson, Paula Abdul étaient affublés de la mention « Absolutely Het ») et de personnalités gay déjà out comme l’écrivain James Baldwin. Quelques semaines plus tard, le groupe activiste Queer Nation, qui prônait la visibilité et les actions d’éclat, faisait son apparition à New York et dans d’autres villes américaines.

« LA HONTE »
Parmi les personnalités outées, Tom Selleck fut la seule à intenter un procès à un magazine trash, Globe, qui avait évoqué la campagne de outing quelques mois plus tard. Dans sa plainte, l’acteur de la série Magnum, véritable sex-symbol de l’Amérique de Reagan, expliquait que les informations du Globe lui avait causé « de la honte ». Pour les activistes LGBT, on tenait-là la preuve absolue de la persistance des préjugés et de l’homophobie, puisqu’un acteur pouvait se sentir « blessé et rabaissé », l’acteur ajoutant que les affirmations du tabloïd « nuisaient à sa carrière et à sa réputation ». Le procès fut abandonné après un arrangement à l’amiable: le tabloïd présenta ses excuses… et un chèque de 5 millions de dollars à l’acteur.

D’autres outées, comme Jodie Foster et Whitney, se sont bien gardées de réagir… Au milieu des années 2000, quand Whitney Houston semblait avoir perdu tout contrôle sur sa consommation de cocaïne, le coktail drogue et sexe fonctionne encore: les allégations de relations lesbiennes refont surface, alimentées par la belle-sœur de la chanteuse, Tina Brown (lire cet article). Cette dernière accusait Whitney de se livrer à des orgies et affirmait que Bobby Brown, son mari de l’époque, était au courant de ses fréquentations. Depuis, la rumeur s’en est allée et la chanteuse tente de réussir son come-back.

Aujourd’hui, à l’heure où l’info people doit aller toujours plus loin dans la transgression, l’homosexualité n’est plus le dernier tabou et il n’est pas sûr que les informations sur les amours saphiques de Whitney Houston feraient autant de vagues.

Et vous, quelle est votre opinion sur l’outing? Dites-le nous en répondant à notre sondage.

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Merci à Gérard Koskovich d’avoir retrouvé une photo de la campagne, sur le blog de Matthew Rettenmund.

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LES réactions (21)
  • Par Agnès 31 août 2009 - 17 H 07

    Pour ou contre l’outing?
    Pour, si la « cible » est une personne planquée qui se permet des remarques ou des actes homophobes.
    Contre, si c’est juste « pour le plaisir »…

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  • Par Fabizm 31 août 2009 - 17 H 12

    Personnellement je ne suis ni pour, ni contre, c’est assez mitigé…

    D’un côté, je suis contre, car c’est quelque chose qu’on fait quand on est prêt à assumer qui on est et c’est pas la chose la plus facile, parce qu’il faudra aussi assumer les regards, les insultes etc et c’est donc encore plus difficile lorsqu’on est connu…

    Mais je suis pour dans le sens où, des personnes qui n’ont pas le courage suffisant et sont outées par une tierce personne, leur permet de pouvoir enfin vivre leur vie et ne plus avoir ce secret qui pèse énormément quand on se cache (je pense surtout à Neil Patrick Harris et TR Knight en écrivant ça, je pense que l’outage de Perez Hilton les a quand même bien aidé)

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  • Par Christophe Martet 31 août 2009 - 17 H 40

    Rappel: en France, Act Up-Paris avait failli outer un député de droite homo qui avait participé à la manif anti-Pacs de Christine Boutin en 1999. Devant la menace d’un procès et d’une amende de 300.000 francs (presque 46000 euros) l’association avait arrêté son action.

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  • Par Christophe Martet 31 août 2009 - 17 H 42

    @ Agnès Je suis d’accord avec vous. L’outing pour l’outing n’a pas d’intérêt. C’est le sens de notre question: pour ou contre l’outing comme celui pratiqué à l’époque (pour faire avancer les mentalités).

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  • Par kmanders 31 août 2009 - 18 H 32

    Je suis d ‘ accord avec Agnès …..Et donc violemment opposé à la politique de  » l ‘ époque  » ….Ce genre de comportement est une atteinte à la vie privée d ‘ individus qui n ‘ ont par ailleurs rien à se reprocher . Honte à ces activistes LGBT de l ‘ époque ! Si j ‘ avais été ainsi  » outé  » , je n ‘ aurais pas hésité à me livrer , si j ‘ en avais eu l ‘ occasion , à des  » représailles  » ( genre divulgation d ‘informations à caractère très privé concernant les  » outeurs  » …)

    Il y en a marre de la culture  » olé olé  » de certains  » LGBT  » ! Il va bien falloir comprendre cela !

    En revanche , dans le cas de politiciens , je suis assez d ‘ accord avec le fait que , dans la mesure où il s ‘ agit d ‘ hommes ou de femmes publiques , la démarcation entre la sphère du privé et celle du publique soit moins tranchée . J ‘ approuve l ‘ action d ‘ ACT UP ( malheureusement non aboutie ) à l ‘ encontre de ce député de droite proche de Boutin .

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  • Par Crame 01 sept 2009 - 11 H 01

    Un jour, la presse people parlera de la vie privée des personnalités pédégouines de la même façon que celle des autres. Notre vie privée ne sera pas plus privée que celle des hétéros. Il n’y a pas de raison. Et les questions du outing et du coming-out ne se poseront même plus puisqu’on sera pédégouine publiquement avant même de devenir célèbre.
    Amusons-nous à imaginer le outing de Beth Ditto. Mwarf mwarf, je veux dire.

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  • Par kmanders 01 sept 2009 - 12 H 09

    Ce que dit Crame est juste …..Aujourd ‘ hui , la vie privée tend à se réduire à une peau de chagrin …Et c ‘ est vrai pour tout le monde .

    Eh bien , sur ce point , je dois dire que je ne suis pas vraiment en phase avec mon époque ! Moi qui ai toujours été contre l ‘ idée d ‘ écrire un journal intime ( ceci dit , c ‘est une activité dont je reconnais qu ‘ elle peut présenter un intérêt ) …..Que dire aujourd ‘ hui de la multiplication de tous ces blogs où les gens s ‘ exhibent sous toutes les coutures ! On n ‘ ignore plus rien d ‘ eux …

    Perso , je trouve lamentable cette invasion de la télé réalité , de la presse people , etc. …Je me fiche pas mal de savoir qu ‘ un tel ou une telle est pédé ou gouine ou hétéro …C ‘ est lui/elle que ça regarde , pas moi !

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  • Par Agnès 02 sept 2009 - 8 H 39

    @kmanders: pour le « pas en phase avec l’époque », on est 2! J’ai jamais compris cet interêt des blogs et autre soi-disant tv realité….Qu’est-ce qu’on s’en fout de la vie des autres! Ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent tant que cela n’atteint pas le respect et la liberté d’une autre personne qui n’a rien demandé….

    @christophe martet: oui, je me souviens de cette histoire de menace d’outing. Je fais partie des gens qui regrettent que cela n’est pas été au bout. Je dis dire que, dans ce cas-là, j’aurais opté pour la solution « placardage à la san-Fransisco » ! ;-)

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  • Par Marie 02 sept 2009 - 14 H 27

    J’aime beaucoup ce sondage ! Ce qui est amusant dans cette question c’est, qu’à mon avis, elle demande de façon détournée si on est pour ou contre le « militantisme agressif ».

    Je ne suis pas étonnée de voir que -pour le moment- une majorité de sondés se disent contre la pratique du « outing » et en lisant les commentaires je ne suis pas étonnée non plus de revoir la bonne vieille excuse du respect de la vie privée.

    Ce qui est amusant dans tout ça; c’est que lorsque je pars en intervention en milieu scolaire pour la lutte contre l’homophobie, une des premières remarques des élèves les moins tolérants c’est justement cette histoire de vie privée: pourquoi vous vous affichez, votre homosexualité ne peut pas rester du domaine de la vie privée ?

    Cette histoire de vie privée est un piège: si c’est de l’ordre de la vie privée, c’est de l’ordre du personnel, de l’individuel et n’est donc plus une affaire de société, de la collectivité; autrement dit, « tu te démerde avec tes histoires de pédé ».

    Selon moi, si la communauté est si réservée à l’encontre du outing, c’est qu’elle projette le « et si ça avait été moi » or ce n’est pas vous; le outing ne s’attaque pas aux homos démunis de pouvoir et/ou d’argent et/ou de relations mais bien aux personnes qui ont les moyens de faire évoluer les mentalités mais qui n’en usent pas pour des raisons de confort personnel.

    Enfin, même si je ne suis pas une inconditionnelle de la télé réalité qui me mortifie à chaque fois que je tombe dessus, je tiens tout de même à me faire l’avocat du diable: on y parle plus d’homo – bi – trans, … qu’au JT !

    Moralité: en avant pour la banalisation par le bas avec secret story et par le haut via le outing !

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  • Par helene 02 sept 2009 - 18 H 00

    L’outing n’est justifié que si ces personnes se permettent des propos ou des actions homophobes, transphobes ou sérophobes.

    Sinon c’est juste le reflet de la jalousie de certains envers la réussite des autres. Je me rappelle la campagne sur Roch Voisine c’était particulièrement dégueulasse.

    Pour ce qui est des trans si moi je suis activiste et visible j’estime qu’une ou un trans a le droit qu’on lui foute la paix…Et là encore quand je vois tel ou tel site qui va publier des photos de célébrités  »discrétes » « avant »
    je trouve ça répugnant. Qui n’a pas quelque chose dans sa vie qu’il veut cacher?
    Quand Ardisson ou Fogiel se permmettent de piétiner la vie privée de leurs invités ça me répugne.

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  • Par kmanders 02 sept 2009 - 18 H 29

     » Militantisme agressif  » …..Ben voyons ! Et la logique , vous connaissez seulement CAMARADE STALINE ??? Vous qui prétendez non seulement DICTER la conduite des autres mais plus encore , la leurs IMPOSER !!! Je parlais de  » Logique  » , qualité qui ne semble pas étouffer les  » militants  » en question ….En effet , qu ‘ ils nous expliquent dans ce cas leur opposition ( en tout cas pour certains d ‘ entre eux ) à la pénalisation de comportements  » PLUS qu ‘ à risques  » ….du genre de ceux auquels se livrent ceux qui ont des rapports sans protection alors qu ‘ ils se savent séropo ….Soit dit en passant , je suis d ‘ accord avec ce principe de la non pénalisation de ces actes , non pas du fait que je les approuve ( tout le contraire ) , mais justement au nom du principe de la responsabilistaion de CHACUN , autrement dit , de la capacité de chacun à prendre SA décision ( ce qui vaut donc pour le ou les partenaires ) . Mais il est vrai que d ‘ autres parmi ces  » militants  » sont au contraire pour la divulgation , sur la voie publique , d ‘ informations relevant du secret médical ( du type de celles venant d ‘ être évoquées ) .

    Voyez donc un peu ce qu ‘ il en est de nos  » bons amis  » ces  » militants  » …..Ils vont jusqu ‘ à confondre  » coming out  » et  » outing  » ( forcé par définition ) .
    Bien sûr que je suis ( et il me semble que nous sommes tous ) favorable au  » coming out  » et que nous l ‘ encourageons ….Notamment en ce qu ‘ il peut permettre de faire évoluer les mentalités . Et bien sûr qu ‘ il ne s ‘ agit pas de confondre discrétion et pudibonderie . Cela , si vous aviez eu un tant soit peu le sens de l ‘ argumentation ( ainsi qu ‘ un minimum de psychologie ) ,vous auriez pu le rétorquer à vos interlocuteurs ( qui ne se privent pas bien souvent d ‘ afficher  » leurs émois  » publiquement mais trouveraient par ailleurs très choquant le fait que deux personnes de même sexe se tiennent simplement par la main . )
    Oui , comme je le disais , non seulement vos capacités d ‘ argumentation sont des plus limitées , mais également votre sens de la psychologie humaine . Au point de ne pas identifier le discours de vos interlocuteurs comme relevant du  » politiquement correct « , intervention  » publique  » ( et donc plus ou moins contrôlée ) oblige ! Mais par derrière , une fois que les  » braves gens  » comme vous ont le dos tourné ….CROYEZ-VOUS QU ‘ ILS ONT LE MOINDRE RESPECT POUR LA VIE PRVIVEE des LGBT ???? Vous voulez la réponse ??

    Et puis chacun appréciera vos remarques sur le  » coming out  » dans les  » shows  » de tv réalité et l ‘ outing  » classieux  » ….Après cela , on s ‘ étonnera de la perpétuation des clichés !!

    Qu ‘ est-ce que vous croyez ?? Dans les années trente , la moitié des grande stars de ciné féminines étaient lesbiennes ou bi ….Tout le monde le savait ! Et vous croyez que cela a servi à faire évoluer les mentalités ? Pas du tout , tout ce que cela a produit , c ‘ est de laisser à penser qu ‘ être LGBT , c ‘ était synonyme d ‘ artiste …..ALORS VOUS M ‘ EN REPARLEREZ DE LA PERTINENCE STRATEGIQUE DE l ‘  » OUTING  » ……..ET POUR CE QUI EST DES ASPECTS ETHIQUES , N ‘ EN PARLONS MEME PAS !

    Oui , je le disais : HONTE AU GENS COMME VOUS !

    Mais prenez garde : votre agresivité  » militante  » pourrait bien vous valoir quelques retours de flamme .

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  • Par kmanders 02 sept 2009 - 18 H 31

    Tiens Hélène …on s ‘ est croisé ! Bravo , tout est dit qui devait l ‘ être !

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  • Par Marien 03 sept 2009 - 2 H 14

    Je ne pratique pas le outing dans mon travail bénévole et militant mais interviens dans des classes de collèges et lycées pour lutter contre l’homophobie.

    Je ne le pratique pas pour des raisons de conscience mais je ne condamne pas les personnes qui espèrent faire avancer l’histoire plus vite en frappant plus fort.

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  • Par kmanders 03 sept 2009 - 11 H 30

    Le moins que l ‘ on puisse dire Marien , c ‘ est que votre dernière phrase est ambivalente ! Pourtant si on en croit Marie , semble-t-il , les partisans de l ‘ outing sont des exemples de courage et de conscience politique …..Mouais , mouais ….

    Moi , tout ce que je constate , c ‘ est qu ‘ à part Marie justement , il ne s ‘ en trouve pas un ici qui ait défendu clairement , sans DETOURS , l ‘ outing ( bien que l ‘ on DECELLE quelques propos complaisants ici ou là ….mais pour ce qui est des arguments précis , forts et directs , alors là ….)

    Non , les outeurs sont plus doués dans l ‘ art de vous donner des coups de poignards dans le dos ….Technique qui ne demande pas beaucoup de préparation , avec des visées à court terme ……..Et à la portée de n ‘ importe quel excité prêt à se prendre pour un croisé de la cause LGBT !

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  • Par Marien 03 sept 2009 - 14 H 14

    Marie et Marien sont la même personne; j’ai fais une faute de frappe au premier commentaire.

    Je trouve déplacé le jugement porté sur les outeurs qui sont généralement des militants bien plus complets que de ‘simples’ outeurs et qui n’ont rien d’excités fonctionnant sur des coups de têtes à n’importe quel moment. Les cataloguer comme des dingues cruels et fanatique c’est peut être un peu excessif…

    Le outing est généralement pratiqué dans une logique stratégique et non complètement à l’arrache quand l’envie les prend. C’est réfléchi, calculé, … la preuve Act UP savait parfaitement ce qu’ils encouraient.

    Je crois qu’il n’y a pas besoin de chercher 500 000 arguments; pour faire court et simple on a d’un côté des militants bénévoles qui luttent chaque jours comme ils peuvent pour faire avancer nos droits et faire reculer les violences qui nous sont adressées et de l’autre des personnalités souvent riches d’un tas de choses (pouvoir, argent, relation, …) n’ayant même pas à l’esprit d’utiliser leurs moyens pour contribuer à l’avancée d’une cause qui les concerne !

    J’ajoute également qu’en France on peut s’amuser à qualifier les militants comme étant des « croisés »; on me dit souvent que finalement il n’y a pas tant d’homophobie que ça en France et qu’on ne peut pas se plaindre de notre sort finalement, qu’on n’a plus besoin de figures emblématiques LGBTQ… (c’est faux, on est d’accord) Debout tout le monde, la terre ne se résume pas seulement au sol français ! Un dirigeant noir pour les USA ça a bousculé les consciences de la planète alors imaginez une goudou chancelière en Allemagne ou un roi d’Angleterre pédé comme un phoque, … voilà à quoi peut servir l’outing: la portée internationale, utiliser la mondialisation à son profit, …

    Encore une fois et je terminerai là dessus; en effet le outing est une pratique difficile à défendre sans détours car posant des problèmes de conscience; mais quelle action n’en pose pas ? La marche des fiertés bloque les rues de Paris et gêne des milliers de travailleurs qui n’ont rien demandé, la distribution de tracts détruit l’Amazonie, les rencontres gouvernement-communautés coute de l’argent au contribuable, … enfin bref on peut toujours TOUT critiquer et ne rien faire de peur de mal faire ou de gêner quelqu’un mais personnellement je préfère une action qui génère du positif, du négatif et de l’expérience à l’inaction qui génère un résultat égale à zéro à tous points de vue !

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  • Par kmanders 03 sept 2009 - 14 H 37

    Qui vous parle d ‘ inaction ! Désolé Madame , mais la fin ne justifie pas les moyens ! Et encore une fois , vous prouvez votre naiveté ! Vous vous imaginez peut-être qu ‘ une personnalité  » outée  » fera office de figure emblématique ???

    En général , c ‘ est le résultat inverse que cela produit …être LGBT est perçu comme une coquetterie !!

    Moi je vous dis ….Si j ‘ avais été  » outé  » ainsi , je mettrais tout mon argent et mon pouvoir ( si j ‘ en avais eu ) pour  » casser  » mes  » outeurs  » ……..AINSI QUE CEUX QUI LES SOUTIENNENT ….et croyez-moi , il y a toujours moyen de le faire ! TOUT LE MONDE a quelque chose à cacher !

    Pour vous la fin justifie les moyens ….prenez bien garde à ce que les victimes de  » vos  » actions ( parce que maintenant les choses sont claires ) n ‘ usent pas des mêmes armes que vous !!

    Perso , je n ‘ hésiterais pas une seule seconde , comme je vous le disais !

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  • Par kmanders 03 sept 2009 - 14 H 45

    Encore une chose ….j ‘ ai bien pris soin de distinguer le cas particulier ( mais vous semblez insensible à certains  » détails  » ) de cette action qu ‘ avait l ‘ intention de mener ACT-UP d ‘autres actions militantes du même style car là , le contexte était différent ……Mais l ‘ honnêteté intellectuelle n ‘ est pas la chose la mieux partagée parmi ceux qui soutiennent des positions comme les vôtres .

    Il n ‘ y a qu ‘ à voir la manière dont vous les justifiez et les exemples que vous prenez à l ‘ appui en guise de métaphore !! PAS BRILLANT !

    Alors ….Fini les scrupules à votre égard ! Vous n ‘ en avez pas ( contrairement à ce que vous affirmez – quoi qu ‘ on ne s ‘ y retrouve plus vraiment vu que vous dites une chose et son contraire : logique , logique , quand tu nous tiens ! ) à l ‘ égard des autres , je ne vois pas pourquoi on en aurait à votre égard !

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  • Par helene aujourd'hui - 9 H 14

    J’ai l’impression qu’ici il y a des personnalités et des opinions trés différentes, par exemple pour ou contre l’outing. Alors user d’un « VOUS » généraliste
    me semble pour le moins exagéré, peut être le symptome d’une légère paranoia.
    Pour l’Outing de la chanteuse, il faut le replacer dans le contexte de ces années ou les gens mourraient comme des mouches dans une apathie généralisée.
    Pour celui d’Act Up il fait rappeller que le député en question était présent à une manif où l’on avait crié « les pédés au bucher » et qu’il ne s’est pas dé-solidarisé de ces
    slogans.
    On doit au passage relever l’hypocrisie de la presse française qui dans le même article expliquait que c’était une honte et donnait tous les éléments pour qu’on reconnaise
    le député en question.

    Il faut voir aussi que dans la presse anglo-saxonne la vie privée n’est pas protégée comme elle l’est en France (ce que je trouve trés bien). Moi les potins sur les coucheries des stars ça me laisse indifférente. Mais il faut voir comment certaines stars savent jouer de leur vie privée.

    Alors l’Outing oui, si la personne a commis des propos
    infamant, des actions dégueulasse. Autrement non.

    à part ça je joue les vertueuse mais…j’aime bien écouter les ragots et les colporter…sois honnête ma fille!

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  • Par Kmanders aujourd'hui - 10 H 42

    Je déteste les ragots et suis toujours le dernier à être au courant de ceux-ci .

    Au sujet du  » vous  » …Il s ‘ agit ici de la forme de politesse . Je m ‘ adresse directement à Marien et à personne d ‘ autre . Je suis suffisamment lucide pour voir que les opposants à l ‘ outing sont ultra-majoritaires . D ‘ ailleurs , il serait bon que les  » activistes  » en prennent acte !

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  • Par Judy Minx 13 nov 2009 - 19 H 16

    L’article ‘Votre vie privée contre la nôtre », sur le site d’Act-Up, qui date de 1999, explique de manière très percutante les raisons politiques de l’outing. Voici le lien ci-dessous, ainsi qu’un copié-collé partiel de l’article.

    http://www.actupparis.org/spip.php?article485

    « Pour considérer que l’outing peut nuire à celui qui en est l’objet, il faut considérer soit que l’homosexualité est infâme, soit que sa révélation est dangereuse. Ceux qui s’indignent pressentent donc, sans vouloir l’analyser, la pression sociale que subissent les gays et les lesbiennes. Ils prêtent à l’outing une violence qui lui préexiste : celle qui oblige, par exemple, un député homosexuel à se laisser insulter par son électorat dans la rue et par ses collègues à l’Assemblée. Qui l’oblige à entendre, comme nous, les rêves de cendres des manifestants anti-PACS : « sales pédés, brûlez en enfer » ou « les pédés au bûcher ». Et à entendre, mieux que nous, le petit bestiaire illustré de certains députés : les homosexuels comparés à des « animaux de compagnie » (François Vannson, RPR) ou à des « zoophiles » (Jacques Myard, RPR), voués à signer leur PACS dans les « services vétérinaires » (Dominique Dord, UDF) ou à être « stérilisés » (Pierre Lellouche, RPR). Sans pouvoir riposter.
    Ce silence imposé, nous le connaissons bien ; et pour en avoir fait l’expérience à un moment ou à un autre de notre vie, nous savons bien qu’il ne s’agit pas là de l’exercice d’une liberté. A ce titre, parce que nous partageons avec ce député une épreuve de l’adversité, l’ outing est plus sympathique, au sens propre, que l’invocation effarouchée du « respect de la liberté individuelle ». Ne soyons pas hypocrites, néanmoins. Si la violence de l’outing n’est pas dans l’outing, il n’en possède pas moins une cruauté propre: celle de donner des noms. C’est probablement cette « forme suprême de franchise » qui a conduit nos détracteurs, raidis d’effroi, à traiter d’inquisitoriale une association qui refuse qu’on promette impunément le bûcher aux pédés, et de « fascisant » un groupe qui porte le triangle rose. Et pourtant, l’impossibilité de nommer est au coeur du problème. Aucun de nos détracteurs ne s’est en effet interrogé sur cette embarrassante dissymétrie du droit : il n’est pas possible de dire d’une personne qu’elle est homosexuelle, en revanche il est possible de dire des homosexuel(le)s qu’ils sont des animaux. [...]
    Si nous assumons pleinement la violence nominale de l’outing, c’est précisément parce que, en l’état actuel des lois, on peut tout dire des gays et des lesbiennes, sauf leurs noms : tant qu’un délit d’incitation à l’homophobie ne sera pas institué, il sera possible de nous insulter tous sans insulter personne. L’hypothèse de l’outing, vérifiée par l’indignation qu’il a suscitée, est qu’une défense effarouchée de la vie privée s’accommode fort bien d’une homophobie ordinaire, pourvu qu’elle soit générique. Les deux discours peuvent d’ailleurs être tenus par la même personne. Emmanuel Le Roy Ladurie peut ainsi, sûr de son bon droit, nous accuser d’être les nouveaux délateurs quelques mois après avoir affirmé que « le fait de confier des enfants à des couples homosexuels masculins (…) ne manquera pas d’accroître encore les risques pédophiliques qui sont déjà en plein essor » (Le Figaro du 19 octobre 1998). Il peut ainsi insulter les homosexuel(le)s sans risque – ni médiatique ni juridique -, tant que l’objet de son insulte reste abstrait. [...]
    On pourrait se moquer de ces discours, s’ils ne trouvaient pas un écho dans les politiques publiques. L’épidémie de sida nous l’a appris. D’un côté, une épidémiologie très officielle nous catégorise dans les « groupes à risque ». De l’autre, des gouvernements refusent des campagnes de prévention spécifiquement adressées aux minorités par peur de la « stigmatisation » ou pour « ne pas faire la promotion de l’homosexualité ». Nous avons de trop bonnes raisons d’être à la fois rétifs à la prise en charge publique de nos vies privées, et sceptiques face à toutes ces précautions prises pour ne pas les exposer au grand jour.
    C’est le fond du problème. En matière de vie privée, l’Etat n’a jamais été un allié. Nous appartenons, avec d’autres, à ces populations dont la vie privée, loin d’être « protégée », est l’objet d’intrusions fréquentes de la part des administrations : malades du sida contraints, pour conserver l’allocation adulte handicapé, de faire état de leurs sensations physiques les plus menues (fatigues, troubles nerveux, etc.) ; homosexuel(le)s obligé(e)s de subir une enquête de moeurs menée par les DDASS pour accéder au droit pourtant reconnu à l’adoption individuelle ; allocataires du RMI soumis aux « visites domiciliaires » des contrôleurs des Caisses d’allocations familiales ; sans-papiers tenus, pour obtenir un titre de séjour, de produire les preuves – et le détail – de leur « vie privée et familiale », etc. Il a bien fallu résister à cette « volonté de savoir ». D’abord individuellement, avec de petites stratégies de résistance : mentir, dissimuler, tricher, pour obtenir ou conserver de simples moyens d’existence. Puis, collectivement, avec plus d’assurance, puisque la puissance publique s’autorise un savoir sur nos vies privées, nous avons été obligés de mettre nos vies privées sur la place publique. Nous appartenons, à ce titre, à un plus large mouvement de visibilité : depuis quelques années, les populations soumise à ces petits contrôles d’Etat se mobilisent sur le mode de la sortie de l’ombre. Si nous nous sommes exposés en tant que séropos, pédés ou gouines, comme d’autres s’exposent en tant que chômeurs, précaires ou sans-papiers, c’est que l’épidémie de sida ne nous en a pas laissé le choix : puisque la vie privée d’un malade se lit sur son visage, nous avons été obligés d’affronter familles, employeurs, assureurs ou administrations pour obtenir les droits adéquats à nos vie et interdire qu’on statue sans cesse sur elles, de haut – pour inverser les forces qui nous maintiennent dans un « privé » où il est commode de nous gouverner. L’outing s’inscrit dans cette stratégie d’occupation, avec des visages et des noms, d’un espace public habitué à parler de nous sans nous.
    Visiblement, le tracé de la frontière public-privé n’est pas le même pour tous, en droit comme en fait. A cet égard, l’outing est une stratégie de pauvres. Pauvres en droits, là où d’autres sont mieux lotis : la vie privée qui préoccupe tant nos détracteurs, c’est celle des personnages publics, bien protégée par la loi. Le paradoxe de l’outing, c’est qu’il est un moyen de défense de nos vies privées – auto-organisé, puisque l’Etat ne nous en garantit pas d’autre. Même suspendu dans son exécution, nous parions sur son efficacité. »

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  • Par Hùryn 13 fév 2012 - 17 H 07
    Avatar de Hùryn

    Au moins les simagrées de Peter Tatchell auront permis de (re) découvrir ce très bon article. Quant à la question, ma position est le classique « NON », sauf pour les personnes activement homophobes.

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