New York City Serenade, Bruce Springsteen
L’US Open se dispute à Flushing Meadows, un grand parc dans le Queens: souvenez-vous, la scène finale de Men in Black, les soucoupes volantes, c’est là. Là aussi, l’Unisphere, immense mappemonde d’acier. Manhattan n’est pas bien loin. Le soir, le coucher de soleil sur le skyline découpé en ombre chinoise est tout simplement sublime.

Les Internationaux des États-Unis, c’est… l’Amérique. Matches en journée, puis la nocturne de 19h30 qui peut parfois s’achever vers 1 heure, voire deux heures du matin, chaque session commençant par l’interprétation de l’hymne national en live. Les soirs où il fait lourd, lorsque la brume se forme, trouée par les projecteurs, le court central ressemble à un ring de boxe enfumé. On est loin du parfum de l’herbe qui monte de la terre lorsque le soir vient à Wimbledon. C’est cela aussi le charme des grands chelems: ils sont tous différents.

L’US Open, c’est aussi le gigantisme du lieu, le long alignement du “food court” où l’on trouve à manger et à boire plein de trucs décadents… Un brouhaha incessant, le tatac tatoum d’un train et, quand les nuages sont bas, le vrombissement d’avions qui décollent de l’aéroport de La Guardia.

New York avec toi, Téléphone
Résumé des épisodes précédents. Roland Garros n’est plus l’apanage de Rafael Nadal, et Roger Federer a, à nouveau, conquis Wimbledon et a repris la place de numéro un mondial au joueur espagnol qui, blessé, n’a pu défendre son titre sur le gazon londonien. À Londres, Roger Federer a décroché son quinzième titre majeur au terme d’une partie titanesque contre l’Américain Andy Roddick puis s’en est allé se remettre de ses émotions. Serena Williams a battu sa sœur sur l’herbe anglaise pour empocher son onzième titre en grand chelem.

Après? Federer et Nadal sont revenus. Demi-finaliste à Cincinnati, Nadal semble encore un peu rouillé, mais néanmoins quand même déjà costaud. Federer, lui, a gagné à Cincinnati en battant Andy Murray, victorieux à Montréal. Celui-ci a pris la place de numéro deux mondial. Déjà finaliste à l’US Open en 2008, contre Federer, l’Écossais fait cette année belle impression. Assez inspiré, avec un jeu très créatif et spectaculaire. Il a mûri. Cela lui va bien et à son tennis aussi.

Dans le genre joueur au gros cœur, on se languit un peu d’un Novak Djokovic un peu en retrait ces derniers temps, sur les courts. Voyons ce que l’air de New York peut faire à ce showman. Ainsi le chante Téléphone: “Voir si le cœur de la ville bat en toi”…

New York New York, Liza Minnelli
Comme l’interprète sublimement Liza, “I want to be a part of it”. La campagne américaine du circuit féminin a été marquée par le retour de Kim Clijsters (lire Terrains de Jeux du 15 août) mais aussi de Maria Sharapova, longtemps empêchée par une blessure à l’épaule. La Russe s’est fait remarquer en se hissant en finale de Toronto, seulement battue par sa compatriote Elena Dementieva. C’est une bonne nouvelle pour le tennis féminin qui s’est un peu cherché récemment. En plus, Jelena Jankovic, victorieuse à Cincinnati, semble s’être forgé un beau moral. Moins de nerfs à vif, ce ne devrait être que meilleur pour développer son sens du spectacle. Dinara Safina est toujours première mondiale. Derrière elle, les sœurs Williams, Serena d’abord et son aînée Venus. Pas mal, non, comme affiche?

Ici Nougayork, Claude Nougaro
Et les Français? Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon et Gaël Monfils arrivent en têtes de série n°7, 9 et 13. Dur, dur, pour Richard Gasquet. De retour sur le circuit après avoir purgé sa suspension de deux mois pour un contrôle positif à la cocaïne, il rencontrera Nadal, troisième mondial, au premier tour.

Virginie Razzano réalise la plus belle saison de sa carrière et avec ses talents de puncheuse, on ne peut que souhaiter un beau parcours à la tête de série n°16. Marion Bartoli (14e mondiale) est toujours dans les parages, comme en embuscade. On retrouvera aussi avec plaisir Julie Coin. En 2008, elle fut le petit poucet de la compétition, entendez une joueuse que l’on n’attendait pas à ce niveau de la compétition: seizième de finaliste après avoir battu Ana Ivanovic alors première mondiale. Julie Coin avait été battue, ensuite, par Amélie Mauresmo. Amélie Mauresmo s’est rappelée au bon souvenir de ce petit monde en se qualifiant, jeudi, pour les demi-finales du tournoi de New Haven en s’offrant la tête de série numéro 1, Svetlana Kuznetsova.

Fairy Tales in New York, The Pogues
Elle s’appelle Meghann Shaughnessy, elle revient, elle aussi, sur le circuit, à l’occasion de cet US Open. Depuis deux ans, la carrière de la joueuse américaine a été presque constamment perturbée par des blessures. Meghann Shaughnessy, 30 ans, 916e mondiale, fut la finaliste du tournoi junior de Roland Garros, en 1996, contre Amélie Mauresmo. Elle a gagné six titre sur le circuit. Son nom, son retour, rappellent ce temps-là, à un moment où l’on se dit, justement, que le temps passe et avec lui les années, et une jeune fille, toujours jeune pour nous mais moins pour le sport. Amélie Mauresmo a 30 ans. Il y a 13 ans, forte de ses victoires à Roland Garros, puis à Wimbledon, une gamine de 17 ans, au caractère entier, fonçait vers le titre de championne du monde de la catégorie, bien avant d’être la première mondiale chez les grandes. Elle était stoppée à New York par Mirjana Lucic, un temps l’une des vedettes du circuit féminin. Fin d’été 2009, New York, Amélie est la dernière représentante de la magnifique génération 1979: Nathalie Dechy a annoncé sa retraite (lire Terrains de Jeux du 25 juillet). Amélie a indiqué qu’elle prendrait, elle, sa décision à la fin de la saison. À New York, on aimerait une nouvelle fois faire un bout de chemin avec elle.

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