Orange, Bayreuth, Salzbourg? Tentez plutôt Toulon, Lacanau, Cincinnati, Berlin. Mais si, le sport et l’opéra peuvent se conjuguer à merveille. On est dans le lyrisme, oui ou non? Allez, dites oui…

Entendez-vous la cloche,
Voici l’heure du coche.
Il faut tout voir, tout voir!
(Manon, Massenet)

Oui, oui oui, vous en entendez tous les jours. Mais prêtez oreille à celle-ci, vigoureusement secouée dans les courses sur piste comme le 5000 et le 10000 mètres, aux championnats du monde qui se disputent à Berlin jusqu’au 23 août.

Et par exemple pour le 10000 mètres féminin dès aujourd’hui, très ouvert en l’absence de l’Éthiopienne Tirunesh Dibaba, championne du monde en titre et championne olympique de la distance, blessée, mais qui espère du 5000 mètres.

Et oui, « il faut tout voir, tout voir »: les deux disciplines jusqu’au-boutistes, l’heptathlon pour les femmes – les sept épreuves du sprint au lancer du javelot les 15 et 16 août –, le décathlon pour les hommes – sprint, fond, poids ou encore saut à la perche, les 19 et 20 août. On se languit de Carolina Kluft, championne du monde, championne olympique et qui en a fini avec la discipline mais sûr que l’on va rencontrer de nouvelle vedettes sur cette scène.

Et encore, dès ce samedi, à la perche le talent glamour de Yelena Isinbayeva, la Tsarine, première femme au-dessus de 5 mètres. Finale lundi.

À suivre aussi en Allemagne, le duel sur le 100 mètres entre Usain Bolt, le champion olympique et Tyson Gay qui n’a cessé de le titiller tout au long de l’été. Les deux hommes ne sont pas croisés dans les réunions d’athlétisme estivales. Cela ressemble presque à un combat de boxe. Rendez-vous ce samedi pour les quarts de finale. Et oui, un 100 mètres, c’est comme un bon livret, cela monte en douceur pour atteindre un pinacle. Dénouement attendu dimanche à 21h35.

Ritorna vincitor
(Aida, Verdi)

Retour en force pour Kim Clijsters qui avait pris sa retraite en mai 2007. À Cincinnati, elle s’est offert des victoires sur Marion Bartoli (13e mondiale), Patty Schnyder (20e) et Svetlana Kuznetsova (6e), rien que cela. Avant de s’incliner devant Dinara Safina ce vendredi, en quart de finale (6-2, 7-5).

À 26 ans, la joueuse belge, ancienne première mondiale, est aujourd’hui mère d’une petite fille née en février 2008. Elle montre bien qu’elle n’est pas là pour faire de la figuration. Et à ceux que l’on voit venir, aux palabres attendues sur la qualité du tennis féminin, du genre « elles se font même battre par une maman », nous disons « Fermati scelerato » (Don Giovanni, Mozart). Parce que ça va bien, assez d’entendre des poncifs et contre-vérités sur la faiblesse du tennis féminin. De nombreuses athlètes sont revenues avec succès à la compétition après avoir accouché. Ainsi Laura Flessel qui collectionne toujours les médailles dans des compétitions internationales et espère bien être aux Mondiaux 2010 en France et pourquoi pas aux Jeux de 2012. You go girl!

Cherubino alla vittoria
(Les Noces de Figaro, Mozart)
Joli coup pour Jo-Wilfried Tsonga qui a, lui, battu Roger Federer, numéro un mondial, en quart de finale du tournoi de Montréal (7-6, 1-6, 7-6). Le Français rencontrera Andy Murray en demi-finale. Belle distribution.

Soave sia il vento,
tranquilla sia l’onda
Ed ogni elemento
Benigno risponda
Ai vostri desir
(Cosi fan tutte, Mozart)

« Que le vent soit doux, que l’onde soit calme et que chaque élément satisfasse vos désirs. » Et bien justement, non! On veut des vagues, des belles vagues, des creuses, par exemple, un brin de vent pour nous caresser la peau, et plein, plein de surfeurs et surfeuses pour nous émoustiller la rétine. Le Lacanau Pro fête ses 30 ans jusqu’au 23 août, côté juniors et côté pros.

Le surf, cela fait un peu rêver. Le côté… surf, sable, peau mordorée, tenue trempée collée aux corps. Et au-delà du sport, Le Lacanau qui fête ses 30 ans, fait la fête: concerts tous les soirs, deux feux d’artifice. C’est possible de revenir pour une deuxième représentation?

Casse-Noisette, Tchaïkovski
Bon, d’accord, ce n’est pas un opéra, mais c’était tentant… Le Top 14 a repris hier soir avec un premier choc entre Toulon et le Stade Français (22 partout).

La saison est prometteuse. En raison des nouvelles règles, d’abord. Alors qu’auparavant les quatre premiers de la saison se qualifiaient pour les demi-finales, les deux premiers le seront tandis que ceux qui se placeront de la troisième à la sixième place devront encore batailler pour entrer dans le dernier carré.

Et pendant l’inter-saison, les transferts ont battu leur plein. Ce n’est peut-être plus un jeune premier, par exemple, mais Johnny Wilkinson, le génial buteur du XV d’Angleterre, longtemps empêché par des blessures, va apporter sa patte et sa vista à Toulon (lire Terrains de Jeux du 25 juillet). L’autre événement, c’est le Racing Métro tout frais promu de de la deuxième division et qui a recruté Lionel Nallet et son compère de toujours, Sébastien Chabal (une barbe, des cheveux retenus par une queue de cheval, vous remettez?). On y reviendra plus tard sur Yagg, n’ayez crainte.

Perpignan, tenant du titre, a joué la continuité, le Stade Toulousain, déjà joli repère de piliers du XV de France, mise aussi sur des espoirs français comme le jeune Louis Picamoles, déjà international. L’alchimie prendra-t-elle dans ce championnat presque tout neuf? Comme le disent les contrebandiers dans Carmen, « Notre métier est bon, mais pour le faire, il faut avoir une âme forte ». Prêts, jouez.

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