Partir, c’est mourir un peu, disent-ils. Pas toujours. Au cœur de cet été, le sport raconte des histoires de retours. Ça bouge, des portes s’ouvrent, des visages réapparaissent, des sagas s’écrivent à nouveau. Résumé des épisodes précédents et bande-annonce de celui qui vient.

Retour de vague
Souvenez-vous. C’était à l’orée de l’hiver. Très loin au grand large des côtes australiennes. Le 18 décembre, Yann Eliès, concurrent du Vendée Globe, était grièvement blessé par la chute de son mât. Fracture du fémur, du bassin, notamment, pour le navigateur qui avait été rejoint par le skipper Marc Guillemot qui l’avait accompagné jusqu’à ce que la marine australienne lui porte secours au terme de deux jours éprouvants.

Dès le début de l’année, il avait annoncé son intention de participer à la Solitaire. C’est chose faite et avec la manière. Yann Eliès a remporté, samedi, la première étape de la Solitaire du Figaro, à la Corogne, en Espagne, ajoutant ainsi une cinquième victoire d’étape dans cette course estivale et âpre où il fait savoir mâtiner sprint et course de fond: « Si cette victoire d’étape a une saveur particulière, c’est celle des possibilités et des envies qu’elle éveille », a-t-il déclaré. Départ de la prochaine étape, mardi, entre la Corogne et Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Bon vent, monsieur.

Persiste et signe
L’an dernier, au même endroit, elle s’est inclinée en finale. Marion Bartoli a cette fois gagné le tournoi de Stanford, dimanche. La joueuse française s’en est retournée et a battu en quart de finale Jelena Jankovic, quatrième mondiale, Samantha Stosur en demi-finale puis la deuxième mondiale Venus Williams en finale (6-2, 5-7, 6-4), pas mal! Et joli début, surtout, dans la campagne américaine qui mènera joueuses et joueurs à l’US Open, à New York du 31 août au 13 septembre. C’est le deuxième titre de la Française cette saison, le cinquième de sa carrière.

Va-et-vient outre-atlantique
C’est l’histoire de relations pas toujours simples entre un club et une équipe nationale. Que ce soit en football, en rugby ou en basket, l’employeur craint que son athlète ne se blesse en jouant pour son pays. L’un des bijoux que compte le basket mondial, Tony Parker, s’est donné une entorse avec l’équipe de France en stage de préparation pour les dernières qualifications pour l’Euro de basket. Il a été rapatrié par son club de NBA, les Spurs de San Antonio. Il reviendra mercredi en équipe de France.

En 2006, il avait connu pareille mésaventure mais pour une blessure plus sérieuse, une fracture de l’index droit qui l’avait contraint à déclarer forfait à la veille des championnats du monde, décision légitime: son club l’avait rappelé de peur que la blessure ne s’aggrave. Parker est un joueur et un équipier loyal, habité par sa fonction de meneur de jeu autant dans son club qu’en équipe de France. Il accepte donc les règles du jeu avec classe. L’homme, en quelques années, est tout simplement devenu indispensable. Sans lui, l’équipe de France semble déboussolée. Car outre ses exceptionnelles qualités de joueur, Tony Parker a une gniaque incroyable – en sport, on appelle cela l’amour du maillot – et il porte à lui presque tout seul une formation qui cherche de l’harmonie. Sans lui, mercredi, la France va jouer son premier match de qualification contre l’Italie. Partie annoncée redoutable, presque couperet pour ce fameux Euro.

Flamme rouge
Une semaine de formule 1 toute rouge. Michael Schumacher sera le remplaçant de luxe de Felipe Massa blessé lors des essais qualificatifs du Grand Prix de Hongrie, samedi 25 juillet. Le pilote brésilien avait été victime d’une fracture du crâne après avoir été heurté en pleine vitesse par un ressort.

Le septuple vainqueur du championnat des pilotes (entre 1994 et 2004 ), qui avait pris sa retraite en 2006, sera donc de la partie au Grand Prix d’Europe, le 23 août. Le champion a pour l’instant tourné sur une « vieille » Ferrari de 2007, très différente de la toute nouvelle machine de 2009, transformée par de nombreux règlements. N’empêche, c’est un peu comme le vélo, ça ne se perd pas. Le pilote a fait des tours, posé des chronos qui ne feraient pas rougir un pilote engagé dans la compétition actuelle.

Et Felipe Massa? Il va bien. Retour au Brésil pour se remettre. Ce type au sourire si sympathique, aux performances lumineuses – il est vice-champion du monde des pilotes 2008 –, va nous manquer un brin.

Adieu la combinaison
Les championnats du monde de natation se sont achevés, dimanche, à Rome, tournant la page sur l’utilisation des combinaisons. Celles-ci seront bannies à partir du 1er janvier 2010. Elles ne me manqueront pas. Ici, pas de conservatisme mais la natation devrait y voir plus clair sans nageurs gainés, flottant mieux ou moins bien en fonction d’une technologie. C’est la pure beauté de cette discipline: contempler des êtres humains nés pour se mouvoir sur terre, s’adapter à un élément qui n’est pas le leur et plus que l’apprivoiser. Le comprendre.

À cet exercice, une nageuse excellait: Laure Manaudou est en année sabbatique. On se languit de son talent.