Dominique ChaudeyÉPISODE 9: TOUS À MADRID!
Ça y est! Les Espagnols se préparent: samedi, c’est la gay pride de Madrid! Ici, on dit l’Orgullo. Le plus gros événement homo d’Europe. 1,2 million de participants à la marche en 2008… Ça fait rêver. Autant dire qu’ici, l’excitation est à son comble. On appelle les copines de Saragosse, de Barcelone ou de Séville. Tout le monde répond présent. Les trains, avions, hôtels ou appartements affichent complets malgré la crise. Les Madrilènes l’ont d’ailleurs bien senti: les prix explosent pendant ces trois jours. Du coup, ne comptez pas voir autant d’Espagnols que d’habitude aux grandes soirées: 55€ l’entrée pour le Space de dimanche, c’est hors de prix pour l’autochtone. Il faudra traîner ailleurs…

Mais ne vous inquiétez pas: comme tous les ans, les Espagnols attendent les Français. Quelques petits conseils pour éviter de fallar el golpe (rater son coup)… Tout aussi humiliant de ce côté des Pyrénées.

Déjà, il faut savoir que les Français ont un avantage certain sur toutes les autres nationalités européennes. Pour un gay espagnol, être français signifie en gros: perra, « chienne » pour les non-hispanisants, autrement dit fille facile, traînée, goulue, salope! Au choix. Vous comprenez ainsi beaucoup mieux le regard radieux de votre hidalgo quand vous lui avez dit que vous arriviez de Lyon: « Super, une chaudasse, pas de préliminaire! ». Et non, ce n’est pas la blanquette de veau que vous pourriez lui faire qui le met dans cet état.

Vous avez travaillé vos pecs depuis trois mois, vous pensez avoir des jambes de la mort… Parfait. Mais ayez à l’esprit que les Espagnols jouent déjà au football dans le ventre de leur mère. Ça c’est pour les cuisses. Pour le reste, une petite info au passage: l’Espagne est au 4e rang des pays qui pratiquent le plus la chirurgie esthétique masculine derrière le Brésil, le Venezuela et les États-Unis… Oups! Tous ces culs sublimes ne sont pas forcément d’origine. Sergio, un ami à cuisses (18 ans de football tous les dimanches), m’a donné un truc pour les reconnaître et c’est assez efficace: l’Espagnol est trapu, donc large des hanches. Un cul rebondi trop étroit et ça sent le bistouri!

Autre truc pour reconnaître cette fois-ci le faux gay. Les Espagnols, notamment dans les grandes villes, sont assez gay-friendly et ils touchent. Pas question d’aller palper le premier cul venu sous prétexte qu’il vous prend par le cou et qu’il vous fait un bisou. Il existe deux types de faux gay: le métrosexuel, une sorte de Zizi Jeanmaire avec des cheveux, épilé de partout (l’épilation fait de véritables ravages chez les hétéros espagnols), et le bisexuel en chaleur, un mec, un vrai, qui ne pensera qu’à votre cul mais qui est capable de vous planter dès qu’une bimbo en 105C pointe le nez. Le métrosexuel crève les yeux, vous ne risquez pas de vous planter, d’autant qu’il se trimballe tout le temps avec sa nana au bras. Le bisexuel en chaleur est plus difficilement détectable. Cherchez le tatouage. Pratiquement tout le monde ici est tatoué. Chez le bi, c’est un dessin approximatif, grossier et, je peux le dire, moche. J’en sens quelques-uns qui sont en train de se trémousser. Faites attention, on vous aura prévenu.

La valeur ajoutée du gay ibère, c’est son poil. Y a pas photo. Ceux qui viennent en hiver et se retrouvent à la gay pride de Madrid sont surpris de voir le nombre de mecs qui se rasent le torse. Eh les filles! On annonce 34°C pour ce week-end et c’est comme ça depuis deux mois. Vous vous sentez, vous, de supporter une toison, toute sublime qu’elle soit, par cette chaleur? Un peu de compassion. Et sachez, irréductibles du poil, que les Espagnols ne se rasent presque jamais les couilles et le cul! Arrrrgh!

Je vous donne donc rendez-vous place Vazquez de Mella, à Chueca, samedi soir. C’est là que je ferai la fête et c’est là surtout que j’ai rencontré l’amour de ma vie, mon Javier, il y a tout juste un an, pendant la gay pride. Feliz cumpleaños, mi amor!

Conseil du jour pour jouer à l’Espagnol: Tu iras voir la nouvelle station de métro à Puerta del Sol, inaugurée la semaine dernière par Zapatero: c’est la plus profonde du monde! Les Madrilènes ont fait la queue dimanche pour voir le monstre qui était en travaux depuis 6 ans!